L’organisation non gouvernementale Transparency International a rendu public son rapport annuel sur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC). Pour l’Algérie, les résultats de cette édition 2025 confirment une situation complexe. Le pays peine encore à franchir les étapes décisives pour améliorer son image sur la scène internationale en matière d’intégrité publique.
En 2025, l’Algérie obtient un score de 34 points sur 100. Ce résultat place le pays au 109ème rang mondial sur 180 nations évaluées. Si l’on compare ces chiffres à l’exercice précédent, le constat est celui d’une stagnation préoccupante. En 2024, l’Algérie occupait déjà une position similaire avec le même score, perdant simplement deux places au classement général suite à la progression d’autres nations.
Le panorama régional : l’Algérie et ses voisins
L’analyse géographique permet de situer l’Algérie par rapport à ses voisins directs. Dans la région du Maghreb, les dynamiques divergent fortement. La Tunisie conserve une légère avance avec un score de 39 points, se classant au 91ème rang mondial. Le Maroc, bien que confronté à ses propres défis de gouvernance, maintient également une position supérieure à celle de l’Algérie.
En revanche, la situation est bien plus sombre à l’Est et au Sud. La Libye, minée par des années d’instabilité politique, s’effondre avec un score de 13 points. De même, les pays de la zone sahélienne continuent de lutter contre une corruption systémique aggravée par l’insécurité. Ces disparités placent l’Algérie dans une position de milieu de tableau au niveau continental.
Les critères de sélection : comment l’IPC est-il calculé ?
L’Indice de Perception de la Corruption ne mesure pas les faits de corruption de manière comptable. Il s’appuie sur la perception des milieux d’affaires et des experts internationaux. Transparency International utilise treize sources de données différentes pour établir son verdict.
Les critères principaux incluent la capacité de l’État à prévenir le détournement de fonds publics et la corruption administrative. Les experts évaluent également l’indépendance de la justice, la protection des lanceurs d’alerte et la liberté de la presse. Pour l’Algérie, c’est souvent le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics qui pénalise le score final.
Un monde coupé en deux : les sommets et les abysses
À l’échelle mondiale, le classement 2025 montre une fracture nette entre les démocraties consolidées et les États fragiles. Le Danemark caracole en tête avec un score de 89 points, suivi de près par la Finlande et la Nouvelle-Zélande. Ces pays se distinguent par des institutions robustes et une culture de la redevabilité.
À l’autre extrémité du spectre, les derniers du classement sont des pays ravagés par les conflits et l’absence d’État de droit. La Somalie et le Soudan du Sud ferment la marche avec des scores faméliques de 9 points. Le Venezuela complète ce trio de fin, illustrant l’impact dévastateur de la corruption sur l’économie d’un pays pétrolier.
Pour l’Algérie, l’enjeu des prochaines années sera de transformer les mécanismes de contrôle en résultats tangibles.
















