Classement UIT 2025 : L’Algérie progresse, mais la fracture numérique persiste

Classement UIT 2025 : L’Algérie progresse, mais la fracture numérique persiste

L’Algérie a réalisé des avancées significatives dans le domaine du numérique, comme en témoigne sa progression dans l’Indice de Développement des TIC (IDI) 2025 de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT). Le pays a gagné 15 places au classement mondial, atteignant la 74e position, avec un score global de 86,1. Ce score est supérieur à la moyenne mondiale de 78 points.

Pourquoi cette progression ?

La progression réalisée jusque-là est principalement due à l’amélioration de sa connectivité notable, où elle obtient un score de 89,5. Cela est le reflet d’une nette amélioration des services mobiles, d’une consommation de données accrue et d’une diminution des prix de l’accès à l’internet mobile.

Les investissements récents dans la numérisation des services publics et l’extension de la couverture 4G ont également contribué à cette avancée. L’Algérie dépasse désormais la moyenne des pays à revenu intermédiaire supérieur, avec une disparité remarquable dans certains services numériques dédiés directement à facilité le contact des citoyens et leurs administrations.

En janvier 2025, l’Algérie comptait 47,1 millions d’habitants, avec 54,8 millions de connexions mobiles (soit 116% de la population) et 36,2 millions d’internautes (76,9% de taux de pénétration). Le pays compte également 25,6 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux, représentant 54,2% de la population. Le taux de pénétration de l’internet a atteint 72,9% en 2024, avec 33,49 millions d’utilisateurs.

Que reste-t-il à faire ?

Malgré ces avancées, des défis structurels et des retards persistent. Le pilier de la connectivité universelle, qui évalue l’accès réel de la population à internet, reste en retrait à 82,6, en deçà de la moyenne régionale des États de la région MENA.

Ces défis peuvent se résumer dans les points suivants : un faible taux d’abonnement au haut débit fixe, des zones rurales mal desservies par des réseaux de qualité, des coûts d’accès à internet qui restent élevés pour certaines catégories sociales et un déficit de compétences numériques.

L’indice souligne que « ces lacunes indiquent que, bien que les infrastructures progressent, l’adoption réelle et inclusive des technologies demeure incomplète, créant un décalage entre l’offre technologique et la demande sociale ».

Le rapport souligne également d’autres obstacles à la transformation numérique en Algérie, le retard dans la transformation numérique des entreprises, en particulier les PME et TPE, qui intègrent peu les technologies numériques en raison des coûts élevés et d’un manque de sensibilisation.

L’une des problématiques fondamentales qui laisse le pays mal classé dans certaines catégories est la fragmentation des systèmes, où les différentes plateformes numériques ne sont pas toujours interconnectées, limitant l’efficacité des services publics numériques.

Le rapport souligne entre autres, l’absence d’indicateurs de performance clairs, rendant difficile l’évaluation de l’efficacité des projets numériques en cours. Mais aussi la dépendance aux technologies importées, notamment pour le matériel réseau, les logiciels critiques et les infrastructures cloud, qui freine la souveraineté numérique.

Qu’en est-il des pays voisins ?

Comparée à ses voisins du Maghreb, l’Algérie se positionne de manière intermédiaire :

PaysScore IDI 2025Connectivité universelleConnectivité significative
Tunisie79,669,489,9
Maroc88,283,792,8
Algérie86,182,689,5

Le Maroc se distingue par son score global et ses performances équilibrées, bénéficiant d’une meilleure couverture territoriale, d’une pénétration plus élevée de l’internet à domicile et d’une stratégie numérique plus structurée. La Tunisie, bien qu’en retard sur la connectivité universelle, affiche un bon score en connectivité significative, comparable à celui de l’Algérie.

Le gouvernement algérien a mis en place plusieurs initiatives pour renforcer la numérisation dans le pays, un objectif sur lequel insiste depuis plusieurs années le président Abdelmadjid Tebboune. Il s’agit, entre autres, du programme École Numérique qui intègre les outils numériques dans l’enseignement de base, du lancement de lycées pilotes pour l’enseignement de l’intelligence artificielle depuis 2024 qui vise à doter les jeunes de compétences avancées, du programme Chabab Tech qui vise à former les jeunes aux technologies émergentes comme le cloud computing, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets. Enfin, la stratégie Algérie Numérique 2030 place le renforcement des compétences parmi ses cinq piliers majeurs

Malgré ces efforts, l’impact de ces initiatives reste limité et peine à atteindre une échelle nationale suffisante pour une population de plus de 47 millions d’habitants. Le numérique représente 2,5% du PIB algérien, selon une note du Think tank CARE. Un niveau modeste par rapport aux standards régionaux. Pour soutenir cette dynamique, il est crucial d’achever le cadre réglementaire pour les fintechs et les prestataires de services de paiement, de stimuler la demande en services numériques et de soutenir l’internationalisation des startups locales.

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