Le géant du transport maritime CMA CGM vient d’annoncer une série de décisions qui secouent déjà le commerce international. Entre flambée des tarifs de fret et suspension des liaisons maritimes vers l’Asie, la compagnie reconfigure ses routes dans un contexte géopolitique tendu lié à la guerre impliquant Iran et aux risques sécuritaires dans le détroit d’Ormuz.
Dans son communiqué, l’armateur affirme que « la sécurité de ses équipages demeure sa priorité absolue » et annonce que « tous les navires actuellement dans le Golfe, ainsi que ceux à destination du Golfe, ont reçu instruction de rejoindre une zone d’abri ».
Hausse des tarifs et suspension des routes : deux décisions qui bousculent le commerce maritime
La première mesure concerne une hausse notable des taux FAK applicables du 15 au 31 mars 2026. La compagnie précise : « CMA CGM annonce ses nouveaux taux FAK applicables du 15 au 31 mars 2026 ». Les nouveaux prix illustrent l’ampleur de l’augmentation : 3 300 dollars pour un conteneur 20 pieds vers la Méditerranée occidentale, 3 400 dollars vers l’Adriatique ou la Méditerranée orientale, et jusqu’à « 5 000 dollars pour un conteneur 20 pieds à destination de l’Algérie ». Pour les conteneurs 40 pieds, les tarifs atteignent 7 300 dollars pour ce même marché.
La seconde décision est plus lourde de conséquences logistiques. La compagnie annonce que « le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu’à nouvel ordre » et que les navires seront « déroutés via le Cap de Bonne-Espérance ». En clair, les routes entre l’Asie et plusieurs destinations sont perturbées, ce qui rallonge les délais et augmente les coûts. Au total, 24 navires sont déjà concernés par ces mesures.
Impact économique attendu sur l’Algérie
Pour Algérie, cette situation pourrait se traduire par une hausse du coût des importations, notamment pour les marchandises venant d’Asie. Les nouveaux tarifs annoncés indiquent clairement que les ports algériens figurent parmi les destinations les plus chères du tableau tarifaire.
La compagnie précise également que ces taux « incluent le fret de base et les surcharges liées aux combustibles », mais restent soumis à d’autres frais portuaires et sécuritaires. Autrement dit, la facture finale pourrait être encore plus élevée pour les importateurs.
En parallèle, les détours imposés aux navires augmentent les distances de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui signifie davantage de carburant consommé, des délais plus longs et une pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement.
Ces annonces interviennent dans un contexte mondial déjà marqué par l’instabilité des routes maritimes. Pour les opérateurs économiques du Maghreb, elles annoncent une période d’ajustement où coûts logistiques, délais et stratégies d’importation devront être repensés.
















