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Économie

Comment sortir de la quadrature du cercle de l’économie algérienne [Le BLOG ECO]

Par Maghreb Émergent 7 octobre 2017

Une thérapie libérale pour sauver l’Algérie ? Au-delà de la casse sociale que cela provoquera fatalement, rien ne dit qu’une telle méthode marchera. De fait, l’Algérie est dans une situation où ni l’État ni le secteur privé n’ont la capacité à transformer l’économie.

 

A bien y regarder de près, la réforme de l’économie algérienne relève de la quadrature du cercle. Tout le monde est d’accord pour dire que sortir de la dépendance au pétrole est le premier objectif.

Un défi structurel que le recours à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste – que l’on nomme aussi hydrocarbures non-conventionnels – ne fera pas disparaître. L’or noir est une rente dont il faut absolument s’émanciper. Il n’y a pas d’autre solution durable. Mais comment le faire ? Par quel moyen politique ? Par quelles réformes ?

État et secteur privé défaillants

Poser ces questions, c’est se pencher sur la doctrine politique que doit suivre l’Algérie. Et cette question n’est toujours pas réglée depuis la fin, en catimini, de la période socialiste. Qui peut dire quelle est la nature de la politique économique algérienne suivie au cours de ces deux dernières décennies ?

 Certains, et ils n’ont pas tort, affirment qu’il n’y a pas lieu de trop réfléchir à cette dénomination, le résultat final étant un échec total sur toute la ligne. D’autres, relèveront, et à raison aussi, que de politique, il n’y en a eu point, l’Algérie ayant baigné dans un désordre idéologique patent, alternant, au gré des circonstances, entre des politiques d’ouverture d’inspiration libérale et des inclinaisons dirigistes manifestes.

Dans les mois et les années qui viennent, les dirigeants devront répondre à deux questions majeures et complémentaires. La première est la suivante : en matière d’économie, quel est le rôle de l’État et des entreprises étatiques ? Quant à la seconde, elle doit interroger le rôle dédié au secteur privé algérien. On pourra objecter qu’il manque une troisième question relative aux investisseurs étrangers. Mais commençons par répondre aux deux premières et un grand pas sera accompli.

La situation actuelle est celle d’un État qui n’arrive plus à remplir ses obligations notamment en ce qui concerne le bien-être social de sa population. C’est aussi une machine bureaucratique décriée par les entrepreneurs privés qui ne cessent de dénoncer le rôle néfaste de l’administration.

 Dans le même temps, nous avons affaire à un secteur privé d’une envergure modeste et dont on est en droit de se demander s’il est capable d’emmener l’Algérie vers la route d’une vraie diversification. Quand on bénéficie d’un monopole de fait, et qu’on ne fait que profiter des commandes d’État, obtenues par copinage, ou que l’on se spécialise dans l’import-import, quelle que soit sa déclinaison ou variante, on ne peut s’affubler du titre ronflant d’oligarque.

Tout cela pour en revenir à cette fameuse quadrature du cercle. Une thérapie libérale pour sauver l’Algérie ? Autrement dit, la suppression des subventions, la privatisation des entreprises publiques, l’allègement des barrières administratives et une refonte de la fiscalité (baisse des impôts pour les entreprises et les plus riches).

 On entend et on lit des voix réclamer cela. Mais au-delà de la casse sociale que cela provoquera fatalement, rien ne dit qu’une telle méthode marchera. De fait, l’Algérie est dans une situation où ni l’État ni le secteur privé n’ont la capacité à transformer l’économie.

«Fine Tuning»

La solution résidera peut-être dans un « fine tuning », un réglage délicat, qui alliera mesures de renforcement des capacités étatiques (cela signifie notamment une « vraie » réforme administrative) et ouverture progressive au privé avec encouragement des initiatives individuelles.

Autrement dit, la nécessité de mettre fin aux monopoles, qu’ils soient publics ou, et surtout, privés. Cela signifie que l’on peut adopter le marché mais que l’on prenne le temps en ce qui concerne le capitalisme.

Le défi est énorme. Il nécessite une paix sociale et, plus encore, une stabilité politique née, non pas de la mainmise autoritariste du régime mais, d’un consensus né de la négociation. Pour l’heure, il n’est pas trop tard pour le faire. Du moins, pas encore.

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