Commerce : Deux locataires pour un ministère

C’est l’une des surprises du nouveau gouvernement. Deux ministres : un pour le Commerce intérieur et un autre pour le Commerce extérieur. Une bonne nouvelle, a priori.

En dédiant un ministère spécifiquement chargé de la promotion du commerce extérieur, le gouvernement affiche une volonté politique ferme de tailler une place à l’économie nationale sur les marchés internationaux.

L’ambition présidentielle de passer de 5 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures en 2022 à 30 milliards avant la fin de cette décennie doit y être pour quelque chose.

En soi, l’objectif ne serait pas irréalisable si les conditions de l’investissement productif sont mises en place. Mais le climat des affaires, proprement délétère, plombe toute initiative sérieuse d’entreprendre en Algérie.

Les pratiques bureaucratiques, l’opacité des règles et règlements, la multiplicité des intervenants et des autorités, l’indisponibilité du foncier industriel pour certains projets, sont de véritables freins pour l’accélération des investissements. En plus d’un marché financier faible et sclérosé par des règles prudentielles excessives ainsi qu’une absence de l’Algérie aux instances internationales de commerce, tout cela caractérise l’agenda du nouveau ministre du Commerce extérieur Mohamed Boukhari. Il s’agit de mener des actions simultanées sur plusieurs fronts. Mais reste de trouver avec quels moyens ?

Intensifier les investissements

L’activité de l’export doit s’appuyer sur une industrie diversifiée, performante et compétitive. Multiplier les exportations par six en quelques années, demande de multiplier autant de fois ou plus les investissements productifs car le marché devra garantir les conditions d’une production nationale en flux tendu, selon les normes des marchés internationaux.

Autre acteur essentiel pour alimenter la machine : le marché financier et boursier, qui doit être dynamique pour accompagner et financer les investisseurs. En amont, on pourrait recourir à l’emprunt pour les besoin de production industrielle. Mais l’Algérie campe sur une position de principe : le refus de l’endettement, assimilé à de la « trahison ».

L’acte d’investir est de plus contrecarré par une bureaucratie effrayante et encadré par des règles incohérentes. Les opérateurs consacrent des années à obtenir un terrain, puis les autorisations variées et diverses demandées par des administrations sous-équipés et souvent peu qualifiées avant de pouvoir mettre en exploitation leur chaine de production.

Un règlement qui illustre la complexité de l’acte d’investir et son incohérence : les investisseurs sont poussés à acquérir des équipements neufs et donc plus chers en raison de la très longue liste de démarches à effectuer pour l’importation d’équipement d’occasion. Quatorze démarches sont nécessaires à cela. Il leur est demandé, entre autres, un descriptif détaillé de la chaine de production à importer ; la faire rénover par un professionnel, en faire évaluer la conformité, faire établir par un huissier de justice les documents prouvant l’existence d’une infrastructure adaptée, etc.

Accéder aux marchés internationaux

Pour booster ses exportations et accéder aux marchés internationaux, l’Algérie devra désormais jouer selon les règles des instances de commerces multilatérales et entrer de plein pied aussi bien à l’OMC que dans les regroupements régionaux, arabe et africain.

A l’intérieur de ces instances, l’Algérie devra respecter scrupuleusement les règlements régissant le commerce extérieur ainsi que les différends. Plus de place aux instructions et décisions unilatérales sous peine de lourdes pénalités ou de boycott. Par ailleurs, les marchés internationaux fonctionnent grâce à des chaînes de valeurs qui lui assurent efficacité et rapidité. Les réseaux de sous-traitants, les réseaux routiers, les ports et leur capacité à gérer des volumes importants de marchandises, tout cela conditionne l’évolution de la production et des exportations, dont l’Algérie devrait prendre en compte.

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