Le dernier bilan de l’office national des statistiques pour 2024 révèle une situation complexe pour le commerce extérieur algérien, où la baisse des revenus d’exportation (due à la fois à la diminution des prix et des volumes) contraste avec une forte augmentation des volumes d’importation, malgré une légère baisse des prix à l’importation.
Baisse des exportations (-11%)
L’ONS évalue les exportations de marchandises en 2024 à 6 605,8 milliards de DA contre 7 468,5 milliards de DA en 2023. Étant donné la dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures, cette tendance est due essentiellement la baisse des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux. « En décomposant l’indice des valeurs unitaires à l’exportation, on constate que les prix des hydrocarbures ont baissé de 7,4%, tandis que les prix des produits hors hydrocarbures ont également enregistré une diminution de 6,7% » affirme l’ONS. Mais il n’y a pas que les prix qui expliquent le recul des recettes algériennes du pétrole et du gaz. La baisse des prix est combinée à une baisse des volumes exportés en liaison avec la politique de production de l’OPEP, mais aussi à cause du déclin naturel de nombreux champs pétroliers, sans pouvoir les compenser par de nouveaux investissements importants pour différentes raisons.
Le plus bas niveau des exportations en hydrocarbures a été enregistré en 2020 avec 2576,8 milliards de DA. Un chiffre presque doublé l’année suivante, puis quadruplé en 2022. Hors hydrocarbures, nos exportations ont baissé de 648,9 milliards de DA en 2023 à 476,6 milliards de DA, soit 7,2% du l’ensemble des exportations, en 2024. La part des recettes en devises hors hydrocarbures a connu une forte augmentation en 2021 (608,7 milliards de DA, soit 11,3% de l’ensemble des exportations) et 2022 (823,5 milliards de DA, soit 8,9% de l’ensemble des exportations) pour revenir à la baisse dès 2023.
Bien que les fluctuations des prix des matières premières non pétrolières exportées par l’Algérie (comme les engrais, les produits sidérurgiques et le ciment) puissent avoir un impact sur les recettes, des barrières commerciales imposées par les pays importateurs ou des réglementations nationales complexes peuvent entraver les exportations, sans oublier l’environnement interne lié à la diversification limitée des produits exportés et d’autres facteurs qui continuent d’entraver l’activité de l’exportation de la marchandise algérienne à l’étranger.

La facture des importations toujours en augmentation
Selon l’ONS, Les importations en volume ont connu une progression de 13,1% en 2024 par rapport à l’année précédente. La hausse a touché toutes les catégories de produits : « Boissons et tabac » avec 76,8%, « Articles manufacturés divers » avec 20,3%, « Machines et Matériel de transport » avec 19,1%, les « Produits alimentaires et animaux vivants » avec 16,7%, les « Articles manufacturés » avec 14%, les « Matières brutes non comestibles, sauf carburants » avec 2% et les « Produits chimiques » avec 1,7%. En revanche, les « Combustibles minéraux, lubrifiants et produits connexes » et les « Huiles et graisses », affichent des diminutions respectives de leur volume de 13,4% et 1,2%.
Globalement, la facture de l’importation est passée de 5794 milliards de DA en 2023 à 6352,1 milliards de DA. Cela peut s’expliquer par la levée de certaines restrictions imposées à l’activité de l’importation, mais aussi par l’inefficacité de certaines de ces restrictions. Il est temps de mettre en place en place une politique économique capable de booster la production nationale pour réduire notre dépendance des produits importés de l’étranger, notamment les produits alimentaires.

En conclusion, en 2024, l’Algérie préserve un excédent commercial de 253,7 milliards de DA malgré la hausse des importations (+13,1 %) et la baisse des exportations (-4,5 %). Mais, sa chute (il était de 1674,5 milliards de DA en 2023) constitue une source d’inquiétude.