Contrôle des devises : les Algériens de la diaspora désormais concernés

Contrôle des devises : les Algériens de la diaspora désormais concernés

Après les restrictions aux importations, voici le tour des euros de la diaspora. La loi de finances 2026 impose aux Algériens de l’étranger de justifier leurs opérations de change. Le marché parallèle est visé. Mais la méthode révèle les limites de l’approche administrative.

Jusqu’ici, les Algériens établis à l’étranger bénéficiaient d’un régime de faveur. À l’entrée, ils déclaraient leurs devises. À la sortie, personne ne vérifiait où elles étaient passées. Les étrangers, eux, devaient rendre des comptes. Cette anomalie vient d’être corrigée.

L’article 129 de la loi de finances 2026 modifie l’article 72 de la loi de finances 2016. Désormais, tout « voyageur non résident » doit présenter aux douanes, à la sortie du territoire, « le justificatif des opérations de change, d’une partie ou de la totalité de la somme déclarée lors de son entrée ». Algériens de la diaspora et étrangers sont désormais logés à la même enseigne.

Ce qui change concrètement

À l’arrivée, rien de nouveau. Tout voyageur entrant avec plus de 1 000 euros, ou l’équivalent, doit le déclarer. C’est à la sortie que l’étau se resserre. Il faudra montrer un reçu de banque prouvant qu’on a bien changé ses euros. Sans ce justificatif, on s’expose à des sanctions.

La cible ne fait guère mystère. Une part significative des euros ramenés par la diaspora alimente le marché parallèle. L’écart entre le taux officiel (151 dinars) et celui du square (280 dinars) dépasse les 85 %. En traçant les devises des non-résidents, l’État espère couper une source d’approvisionnement du marché noir.

Cette stratégie a pourtant deux failles. La première est structurelle : elle s’attaque à l’offre sans traiter la demande. Or le marché parallèle prospère parce que des millions d’Algériens- entreprises, épargnants, candidats au voyage- ont besoin de devises et ne peuvent les obtenir au guichet. La seconde est pratique, puisque tout dépendra de l’application aux frontières. Douaniers débordés, contrôles aléatoires, reçus de complaisance ; un détour par la réalité du terrain suffit à mesurer l’obstacle.

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