Crise Algérie-Maroc/GME : pourquoi la ministre de la Transition écologique espagnole s’est rendue ce mercredi à Alger

Crise Algérie-Maroc/GME : pourquoi la ministre de la Transition écologique espagnole s’est rendue ce mercredi à Alger

Suite à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, l’Algérie cessera d’approvisionner le Maroc en gaz naturel via le gazoduc GME, à compte du 1 novembre prochain.

Mais selon le journal espagnol El Pais, le Maroc n’aurait toujours pas abdiqué et aurait sollicité l’Espagne afin de trouver une solution au blocage intervenu dans ce dossier, du faire de la crise diplomatique entre les deux pays voisins. A cet effet, le quotidien espagnol rapporte que la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, se rend ce mercredi à Alger pour rencontrer les autorités algériennes et rechercher une solution à la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe.

Selon la même source, Teresa Ribera a été chargée de diriger les négociations avec l’Algérie et le Maroc, auxquelles participe également le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares. « Les contacts, qui se sont intensifiés à l’approche de l’échéance du 31 octobre, ont été menés dans la plus grande discrétion. Récemment, Albares a rendu visite au président algérien, Abdelmadjid Tebboune, en compagnie des secrétaires d’État aux Affaires étrangères, Ángeles Moreno, et de l’Énergie, Sara Aagesen. » Détaille le journal madrilène.

Par ailleurs, le média explique que l’Espagne s’inquièterait quant aux capacités réelles de l’Algérie l’approvisionner en quantités suffisantes, via le Medgaz, l’autre pipeline qui ne passe pas par le Maroc. El Pais déclare en effet que désormais, « le problème pour l’Espagne est désormais de s’assurer que la même quantité de gaz que le GME a transporté à travers le Maroc continuera à atteindre la péninsule, ce qui représente un tiers de l’électricité consommée par le pays. »

En jeu, quelque quatre millions de mètres cubes dont l’Espagne aurait encore besoin pour couvrir la demande actuelle. Cette quantité de gaz pourrait être fournie sous la forme de gaz naturel liquéfié (GNL), au moyen de méthaniers. « 48 navires sont nécessaires pour transporter les quatre millions de mètres cubes de gaz », selon El Pais.

Pour rappel, le Medgaz, détenu conjointement par Sonatrach et Natyrgy (51/49) permet la distribution de gaz naturel de l’Algérie vers l’Espagne sur 540 kilomètres qui parcourent le territoire marocain. Le gazoduc qui traverse le Maroc a la capacité de transporter jusqu’à 13 500 millions de mètres cubes de gaz naturel par an chaque année. Le gaz qui arrive directement à Almería a la capacité de transporter 8000 millions de mètres cubes, mais des travaux sont en cours pour les porter à 10 milliards de mètres cubes à partir de janvier.

D’autre part, l’arrêt du gazoduc Maghreb-Europe peut causer des dommages non seulement au Maroc, mais aussi à l’Espagne. « Rabat obtient entre 50 et 200 millions d’euros par an de « droits de passage », un chiffre qui est fonction du montant qu’elle transporte. Et, en plus, il garde 800 millions de mètres cubes par an de gaz d’Algérie à un prix stable. Ce gaz est utilisé pour alimenter les centrales à cycle combiné de Tahaddart (dans la région de Tanger) et d’Ain Beni Mathar (à Oujda, dans l’est du pays). Tous deux couvrent environ 10 % de la production électrique marocaine et sont gérés par les sociétés espagnoles Endesa (qui détient 20 % de Tahaddart) et Abengoa, respectivement. » Explique El Pais.

Quelles sont les alternatives pour le Maroc ?

Pris en tenaille, le Maroc tente de trouver une échappatoire à ce dilemme, qui risque d’affaiblir ses capacités à assurer sa sécurité énergétique. Selon le média espagnol, une source ayant requis l’anonymat a révélé que le Maroc pourrait « demander à l’Espagne d’envoyer du gaz par le gazoduc GME dans le sens inverse. Mais nous ne savons pas comment l’Algérie réagira si l’Espagne est d’accord ». 

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