La crise des pneus en Algérie continue d’alimenter l’exaspération des conducteurs, transporteurs et professionnels de la route. Malgré les annonces répétées des responsables affirmant une amélioration prochaine, la réalité sur le terrain reste difficile : pénurie persistante, flambée des prix et qualité jugée insuffisante. Pour de nombreux usagers, trouver un pneu neuf est devenu un véritable parcours du combattant.
Témoignages : des citoyens dénoncent une situation devenue invivable
Djamel, transporteur, décrit une recherche interminable. « J’ai cherché partout la référence des pneus 185 R 14, cette dimension est introuvable, pour Iris et même Continental, il y a même un retour aux pratiques d’autre âge où tu vas t’inscrire sur une liste pour attendre ton tour et avoir deux pneus », raconte-t-il.
Il ajoute avoir été orienté vers l’application une application de Naftal, sans succès : « Ils m’ont conseillé d’installer l’application Naftal Khadamat pour savoir où je peux trouver cette dimension et finalement elle n’est disponible qu’à l’ouest du pays. J’ai tenté plusieurs fois d’appeler ces stations Naftal pour fixer un rendez-vous et ne pas aller pour rien, finalement dans la majorité des cas les téléphones ne sonnent même pas. »
De son côté, Abderrahmane, chauffeur de camion lourd, pointe un autre problème : la rentabilité. Selon lui, les pneus coûtent désormais plus cher, qui se détériorent plus rapidement que la normale.
Ce qui réduit fortement le rendement. Il explique que les professionnels du transport se retrouvent contraints d’augmenter leurs charges d’exploitation, alors que leurs revenus n’évoluent pas au même rythme. Pour ces usagers, la crise n’est plus seulement une question de disponibilité, mais aussi de qualité.
Interpellation politique et réponse officielle des autorités
Face à la pression grandissante, le député Ahmed Beldjillali a tiré la sonnette d’alarme. « On a fait une visite avec les professionnels du secteur, on a constaté les coûts élevés, qui ont doublé pour certains, et en plus de ça la rareté », a-t-il affirmé, soulignant que la situation touche l’ensemble du marché.
En réponse, le ministre du Commerce extérieur, Kamel Rezig, a assuré devant les parlementaires que plusieurs chaînes de production sont en cours de lancement et que d’autres projets industriels sont prévus. Selon lui, ces initiatives devraient permettre de stabiliser l’offre et de réduire la pression sur les prix. Les autorités promettent ainsi une sortie de crise prochaine, sans toutefois avancer de calendrier précis.
Une inquiétude grandissante si la crise persiste
Sur le terrain, l’inquiétude demeure. Les transporteurs redoutent que la situation ne s’aggrave si les solutions tardent à produire leurs effets. La pénurie impacte déjà la logistique, le transport de marchandises et même les déplacements quotidiens. Certains professionnels évoquent un risque réel de ralentissement de l’activité économique si l’approvisionnement ne se normalise pas rapidement.
















