Alors que Bruxelles accélère son divorce énergétique avec Moscou, le commissaire européen à l’Énergie se rend en Algérie pour consolider un partenariat devenu vital pour la sécurité d’approvisionnement du continent.
Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, est attendu à Alger dans les prochains jours pour une visite officielle centrée sur le gaz naturel et le GNL. Selon l’agence de presse italienne Agenzia Nova, cette mission intervient alors que l’Union européenne cherche à éliminer ses importations de gaz russe d’ici fin 2027 et resserre ses liens avec un cercle restreint de fournisseurs jugés fiables. L’Algérie figure en tête de liste.
L’Algérie, fournisseur stratégique exempt de traçabilité
Le pays compte parmi les tout premiers fournisseurs de gaz de l’UE, qui a absorbé près de 95 % des exportations algériennes de GNL en 2025, avec la Turquie, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni comme principaux clients. Signe de cette confiance, Bruxelles a décidé d’exempter le GNL algérien de son nouveau programme de traçabilité renforcée des cargaisons, qui impose aux autres fournisseurs de déclarer l’origine de leurs livraisons au moins cinq jours avant l’arrivée dans les ports européens.
Selon Nova News, qui s’appuie sur la plateforme spécialisée Attaqa, cette exemption consacre le statut d’allié énergétique accordé à l’Algérie par la Commission. Renouvelables et hydrogène à l’ordre du jour La visite de Jørgensen ne se limitera toutefois pas au gaz. Énergies renouvelables, hydrogène vert et efficacité énergétique figurent également au programme, dans le cadre d’une coopération UE-Algérie dotée de 15 millions d’euros. Autrement dit, Bruxelles ne cantonne pas Alger au rôle de fournisseur fossile de transition, mais l’associe à sa stratégie de décarbonation sur le long terme.
Une dépendance mutuelle devenue atout
Pour l’Algérie, cette visite renforce sa place dans la chaîne de valeur énergétique méditerranéenne, à l’heure où le pays modernise son secteur gazier et diversifie ses partenariats. Pour l’UE, sécuriser le gaz algérien permet de réduire le risque de rupture d’approvisionnement tout en préparant la baisse progressive des volumes fossiles. De possibles accords sur les infrastructures de transport, les volumes de gaz et les projets industriels dans les énergies propres pourraient en découler.
















