En l’espace d’une journée, les déclarations du président américain sur l’Iran ont suffi à effacer les gains patiemment accumulés par le marché pétrolier. Une volte-face spectaculaire qui rappelle l’emprise du politique sur le Brent.
Il aura fallu quelques mots pour faire basculer le marché. Après avoir laissé planer, ces derniers jours, la menace d’une intervention militaire contre l’Iran, Donald Trump a brutalement changé de ton : “Les tueries liées à la répression des manifestations ont cessé”, a déclaré le président américain, écartant de facto l’hypothèse d’une frappe imminente contre Téhéran.
La réaction des marchés a été immédiate et sans appel. Jeudi, le Brent de la mer du Nord a dévissé de 4,15 %, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) abandonnait 4,56 %, effaçant en une seule séance la quasi-totalité des gains engrangés lors des quatre journées précédentes.
La prime de risque s’évapore
Vendredi matin, le mouvement de repli se poursuivait, quoique de manière plus mesurée. Vers 6 h 46 GMT, le Brent pour livraison en mars cédait 0,31 %, à 63,55 dollars le baril. Le WTI échéance février reculait de 0,25 %, à 59,04 dollars, selon les données de la plateforme Energy Platform.
Quelques jours plus tôt, les deux références mondiales évoluaient pourtant à leurs plus hauts niveaux depuis plus de deux mois, dopées par l’escalade des protestations en Iran et les allusions belliqueuses de la Maison-Blanche.
Un marché suspendu aux mots du locataire de la Maison-Blanche
L’épisode illustre, une fois encore, la sensibilité extrême des cours pétroliers aux soubresauts géopolitiques et, plus encore, à la communication erratique de l’exécutif américain. En quelques heures, la prime de risque liée à une possible rupture d’approvisionnement au Moyen-Orient s’est tout simplement évaporée.
Du côté des fondamentaux, l’horizon demeure stable. L’OPEP a réaffirmé mercredi tabler sur un équilibre entre l’offre et la demande en 2026, avec une croissance de la consommation en 2027 comparable à celle de l’année en cours.
Mais sur un marché aussi politique que celui du brut, les prévisions du cartel pèsent parfois moins lourd qu’un tweet présidentiel.
















