Dans la nuit du 7 au 8 mars, des frappes américano-israéliennes ont visé les dépôts pétroliers de Téhéran. L’Iran a répondu en ciblant la raffinerie de Haïfa. Quatre morts côté iranien. Trois côté israélien.
Le ciel de Téhéran s’est embrasé dans la nuit de samedi à dimanche. Cinq sites pétroliers ont été frappés dans la capitale iranienne et ses environs, faisant quatre morts. La distribution de carburant a été suspendue dans la mégapole de neuf millions d’habitants.
C’est la première attaque directe sur des infrastructures pétrolières civiles depuis le déclenchement des hostilités le 28 février. Des boules de feu ont illuminé les districts sud et nord-ouest de Téhéran, suivies de panaches de fumée noire dense. Le Croissant-Rouge iranien a mis en garde contre un risque de pluie acide toxique.
La riposte iranienne frappe au cœur de l’industrie israélienne
Téhéran a riposté dans la foulée. Les Gardiens de la révolution ont frappé la raffinerie de Haïfa avec des missiles balistiques Kheibar Shekan. L’opération s’inscrit dans la vague 27 de « True Promise 4 ». Trois travailleurs ont été tués sur le site. La raffinerie de Haïfa, exploitée par le groupe Bazan, traite environ 197 000 barils par jour.
La guerre des infrastructures s’étend aux monarchies du Golfe. La raffinerie saoudienne de Ras Tanura a été partiellement mise à l’arrêt après des frappes de drones iraniens. Ras Tanura a la capacité de produire 550 000 barils par jour. La raffinerie BAPCO de Bahreïn a également été touchée, malgré l’interception de 75 missiles et 123 drones en une seule journée.
QatarEnergy a suspendu sa production de GNL après des frappes sur deux sites de traitement. Le détroit d’Ormuz, par où transite 20 % du pétrole mondial, est de facto fermé.
Le prix de la guerre, en dollars et en barils
La réaction des marchés a été immédiate. Le Brent s’est envolé de près de 9 % à plus de 79 dollars le baril, loin des 61 dollars du début d’année. Le gaz européen a bondi de plus de 50 %. Pour Jorge Leon, vice-président de Rystad Energy, « plus cette perturbation durera, plus les prix du pétrole et du gaz augmenteront dans les jours et les semaines à venir ».
La directrice générale du FMI a averti que l’économie mondiale était « de nouveau mise à l’épreuve ». Pour l’Algérie, qui exporte son GNL vers l’Europe, chaque installation en flammes dans le Golfe est une opportunité commerciale et un signal d’alarme géopolitique.
















