Dépréciation du dinar: le gouvernement de Tripoli rejette la taxe sur les importations

Dépréciation du dinar: le gouvernement de Tripoli rejette la taxe sur les importations
taxe sur les importations en Libye

Le Gouvernement d’union nationale (GUN) à Tripoli, dirigé par Abdulhamid Dabaiba, a exprimé son « rejet catégorique » de la mise en place d’une taxe sur les marchandises importées, dénonçant les « mesures unilatérales » prises par la présidence de la Chambre des représentants à Tobrouk, qu’il accuse d’intervenir dans la politique financière et monétaire sans coordination avec l’exécutif.

Selon le GUN, la véritable cause de la crise du dollar réside dans les dépenses parallèles non budgétisées, qui dépassent la capacité d’absorption de l’économie et entraînent une pression accrue sur le dinar libyen. Dans un communiqué et via ses réseaux sociaux, le Premier ministre a estimé qu’environ 70 milliards de dinars (plus de 11 milliards de dollars) seraient dépensés en 2025 en dehors du budget officiel, générant une demande supplémentaire de devises estimée à plus de 10 milliards de dollars.

Le gouvernement insiste sur le fait qu’imposer des taxes supplémentaires sur les importations ne résoudra pas le problème à la racine et risquerait d’alourdir le fardeau des citoyens. Il plaide pour le strict respect du Programme unifié de développement, conçu pour réguler les dépenses publiques à l’échelle nationale et préserver la stabilité monétaire.

Cette querelle reflète la division institutionnelle persistante entre Tripoli, reconnu par les Nations Unies, et l’administration parallèle de l’Est soutenue par Tobrouk et dirigée par Oussama Hammad. L’existence de deux centres de planification économique et de dépenses entretient des conflits autour de la gestion des finances publiques, de la dette et de l’utilisation des ressources de l’État.

Sur le plan pratique, l’absence d’un budget général unique contraint le pays à recourir au mécanisme du « 1/12 », qui limite les paiements mensuels à un douzième des crédits du dernier budget formellement approuvé. Ce dispositif, combiné à la coexistence de deux pouvoirs exécutifs, alimente les controverses sur la gestion des dépenses, en particulier dans le chapitre du développement, où l’application du Programme unifié reste partiellement mise en œuvre et sujette à des interprétations divergentes.

Le différend autour des droits d’importation et des dépenses parallèles illustre l’impact direct de ces tensions sur la stabilité monétaire, alors que le dollar se négocie désormais à plus de 10 dinars sur le marché parallèle, contre un taux officiel de 6,32.

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