Dette extérieure : les pays du Maghreb entre vulnérabilités financières et marges de manœuvre réduites

Dette extérieure : les pays du Maghreb entre vulnérabilités financières et marges de manœuvre réduites

Dans un contexte économique mondial incertain, marqué par la montée des taux d’intérêt, la volatilité des marchés et les tensions géopolitiques, les pays du Maghreb affichent des trajectoires contrastées en matière de dette extérieure. C’est ce que révèle le dernier rapport de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), publié sous le titre « État des lieux du fardeau de la dette en Afrique et dans les Caraïbes ».

La Banque tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation de l’endettement à l’échelle continentale, alors que la dette extérieure de l’Afrique, estimée aujourd’hui à 1 200 milliards de dollars, devrait dépasser 1 300 milliards d’ici fin 2025. Dix pays concentrent à eux seuls 69 % de cet endettement, avec en tête l’Afrique du Sud (14 %), l’Égypte (13 %), le Nigeria (8 %) et le Maroc (6 %).

Le Maroc parmi les plus exposés

Le Maroc figure au quatrième rang des pays africains les plus endettés, avec une dette extérieure estimée à 69 milliards de dollars. Ce montant représente 5,9 % de la dette extérieure totale du continent. Afreximbank alerte sur les conséquences de cette dynamique : la hausse des coûts d’emprunt et la forte exposition aux créanciers privés fragilisent davantage les économies concernées, réduisant leur marge de manœuvre budgétaire.

Face à ces risques, la Banque appelle les États à adopter une gestion rigoureuse de leurs finances publiques et à réduire leur dépendance à l’endettement extérieur, afin de renforcer leur résilience économique.

Une Tunisie sous tension, mais hors du top 10

La Tunisie, bien qu’ayant un niveau élevé de dette extérieure, n’apparaît pas dans la liste des dix pays africains les plus endettés. Elle ne représente que moins de 3 % de l’encours total continental. Ce positionnement reste néanmoins fragile : le pays fait face à une croissance ralentie, à une baisse des investissements étrangers et à l’absence d’un accord définitif avec le Fonds monétaire international (FMI).

Le rapport d’Afreximbank insiste sur la nécessité pour Tunis de renforcer la gouvernance budgétaire et d’assurer la soutenabilité de sa dette, sous peine de compromettre sa stabilité macroéconomique.

L’Algérie et la Libye se distinguent

Autre indicateur préoccupant : la faiblesse des réserves de change. En 2025, 26 pays africains devraient voir leurs avoirs en devises et en or passer sous le seuil de sécurité de trois mois d’importations, selon les critères du FMI.

Seules la République de Maurice, l’Algérie et la Libye parviennent à se distinguer, avec des réserves couvrant respectivement près de 17 mois et plus de 12 mois d’importations.

Par ailleurs, la Libye franchit un pas stratégique en finalisant son adhésion à Afreximbank. Le pays devient ainsi le 52e membre de cette institution panafricaine, après avoir procédé au paiement de ses actions le 13 mai 2025. L’accord avait été signé en octobre 2024.

Pour la Libye, cette adhésion marque une opportunité importante de réintégration économique régionale et d’accès à des financements structurés en soutien à sa reconstruction et à sa diversification économique.

Une alerte pour toute l’Afrique

Le rapport conclut sur une mise en garde générale : plus de 60 % des pays africains devraient franchir, d’ici à la fin de l’année, le seuil critique de 50 % du ratio dette/PIB — un indicateur de vulnérabilité selon les normes du FMI et de la Banque mondiale. Afreximbank souligne aussi que la concentration de l’endettement dans quelques pays augmente les risques systémiques : une crise dans l’un d’entre eux pourrait avoir des répercussions sur les flux financiers régionaux, les échanges commerciaux et la confiance des investisseurs.

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