Domiciliation du fret : cafouillage entre Rezig et l’ABEF

Domiciliation du fret : cafouillage entre Rezig et l’ABEF

Simple confusion ou véritable cafouillage entre l’ABEF et le ministère du Commerce extérieur ? Le calvaire des importateurs algériens semble loin de toucher à sa fin! L’ABEF notifie aux banques que, suite à leur demande de « précisions concernant la présentation d’une autorisation préalable pour la domiciliation des factures d’importation incluant le fret (services), nous avons saisi le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des Exportations à ce sujet. »

En réponse, la note précise que le ministère l’a informé qu’ « à titre exceptionnel, les banques sont autorisées à procéder à la domiciliation de ces opérations, à l’abri du Programme Prévisionnel d’Importation (PPI) pour les importations destinées à la couverture des besoins propres (fonctionnement et/ou équipement), ainsi que du document préalable à la domiciliation pour les importations destinées à la revente en l’état ». Cette mesure exceptionnelle est applicable jusqu’au 31 décembre 2025.

Or, trois jours plus tard, le ministère publie un communiqué qui précise que cette mesure dérogatoire concerne exclusivement les frais de fret. Toutes les autres opérations d’importation restent soumises au régime habituel. En pratique, le communiqué du ministère ne change rien à la note de l’ABEF, expliquent des importateurs, certains y voyant une rivalité institutionnelle -« le ministère du Commerce n’a peut-être pas apprécié que l’ABEF soit le premier à annoncer cette mesure », confie une autre source. Mais le véritable problème se situe ailleurs : à partir du 1er janvier prochain, les importateurs algériens devront négocier et domicilier eux-mêmes leurs frais de fret auprès des armateurs. L’objectif est de mieux maîtriser les coûts, dans un contexte de rareté des devises qui frappe l’économie algérienne. Mais les importateurs sont-ils prêts à relever ce défi ?

Une contrainte administrative et financière pesante

Sous l’ancien système, de nombreux importateurs privilégiaient le modèle CFR (Cost and Freight), où le vendeur avançait les frais de fret, simplifiant la gestion grâce à une facture globale. Désormais, l’obligation de domiciliation des frais de fret impose aux importateurs de payer directement ces coûts via un établissement bancaire agréé. Cette évolution correspond de fait à l’adoption du modèle FOB (Free On Board), où l’acheteur organise et prend en charge le transport principal.

Les importateurs algériens doivent dorénavant négocier, organiser et payer eux-mêmes le fret maritime, ce qui multiplie les formalités, rallonge les délais et aggrave la charge financière. La gestion bancaire associée exige des ressources humaines et financières, souvent hors de portée des PME et des petites entreprises.

Ces nouvelles contraintes affectent fortement la compétitivité des importateurs algériens, notamment ceux opérant avec de faibles marges. Retards administratifs et complexité des procédures ralentissent la mise sur le marché des produits et gonflent les coûts finaux, avec des répercussions négatives sur la dynamique économique nationale.

Face à cette situation, les importateurs demandent un rééquilibrage réglementaire qui allégerait les lourdeurs administratives tout en garantissant la transparence et la maîtrise des échanges.

Un marché dominé par l’étranger

En 2025, la valeur ajoutée du marché de l’affrètement maritime en Algérie est estimée à environ 5,42 milliards de dollars américains, avec un volume total de marchandises transportées projeté à 14,3 milliards de tonnes-kilomètres (TKM). Près de 95% de ce marché est aux mains d’armateurs étrangers. La CNAN ambitionne de reconquérir une part située entre 25 et 30%, équivalente à sa position sous l’économie dirigée, mais sa flotte actuelle ne couvre qu’environ 9 à 10% du trafic. Madar Holding vient de créer sa filiale maritime pour combler la forte dépendance envers les compagnies étrangères. Madar vise aussi à faciliter l’accès des exportateurs nationaux aux marchés internationaux, renforçant ainsi la présence commerciale algérienne. Mais tant que l’économie repose en grande partie sur l’importation, entraver les importateurs revient à entraver la production nationale.

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