Dr Tabainet Mouadh, président de l’Anpha : « une redéfinition du métier du pharmacien s’impose en Algérie » (entretien)

Dr Tabainet Mouadh, président de l’Anpha : « une redéfinition du métier du pharmacien s’impose en Algérie » (entretien)

En marge de la clôture du Salon professionnel de la pharmacie et de la parapharmacie (Pharmex), qui s’est tenu en fin de semaine dernière, au Centre des conventions d’Oran, Maghreb Emergent s’est entretenu avec le Dr Tabainet Mouadh , président de l’Association Nationale des Pharmaciens Algériens (Anpha).

Maghreb Emergent : Pouvez-vous présenter l’Anpha ainsi que ses principaux objectifs ?

Dr Tabainet Mouadh : l’Anpha est une association socio-économique et scientifique, qui a vu le jour en novembre 2020. Elle se veut un organisme représentatif et participatif, pour améliorer le professionnalisme des pharmaciens. Elle regroupe des pharmaciens de différents secteurs d’activité pharmaceutique et a pour mission de s’assurer de la valorisation et de l’avancement de sa pratique en prenant appui sur l’expertise, les initiatives et les réalisations innovatrices de ses membres.

L’Anpha, en tant qu’association naissante, profite du Salon Pharmex pour entrer en contact avec ses membres, ainsi qu’avec les opérateurs pharmaceutiques qui participent à l’événement, et différentes parties prenantes du secteur.

Quels sont selon vous les nouveaux enjeux du secteur pharmaceutique en période post-Covid ?

Je pense que la pandémie a mis à nu toutes les défaillances et les failles du système de santé en Algérie, en général, mais également celles su secteur pharmaceutique et de toutes les activités qui touchent directement au métier du pharmacien.

Mais en parallèle, la Covid-19 a permis au pharmacien d’être considéré comme un acteur à part entière de la santé. Jen veux pour preuve la participation active de pharmaciens biologistes dans le processus de lutte contre la propagation du virus durant toute une année.

Au final, c’est l’idée d’une nouvelle vision externe de la profession de pharmacien qui émerge chez l’Anpha, à travers la revue de toutes les normes et standards du métier ; l’évolution de la pratique pharmaceutique au niveau des débouchés, du pharmacien entrepreneur ainsi que l’expertise pharmaceutique.

Quant à la vision interne, elle se caractérise par l’organisation participative, connectée sur les réalités du terrain.

Justement, la législation en vigueur en matière de pratique pharmaceutique est en mouvement ces derniers temps. Comment l’Anpha peut elle accompagner cette dynamique ?

L’Anpha est considérée comme une force de proposition au niveau de toutes les professions du pharmacien. Sur pas mal de secteurs qui sont en évolution, nous avons proposé des réformes et des restructurations, après sollicitation des pouvoirs publiques ou via des initiatives qui nous sont propres. Rappelons, à ce titre, que le secteur s’est doté d’un département ministériel. C’est donc l’occasion de développer de nouveaux métiers et de repenser le rôle et la responsabilité pharmaceutique, au sein de certains établissements, afin d’élargir le champ d’intervention du pharmacien.

Par ailleurs, nous avons sollicité le ministre chargé de la Réforme hospitalière, pour entamer la réforme au sein des établissements de santé et redéfinir le rôle d’un pharmacien dans ce domaine, mais également y évaluer sa valeur économique.

Ce que nous voulons, c’est frapper les esprits en ne se contentant pas de simples retouches du statut socio-professionnel, mais plutôt inscrire nos actions sur le long terme, par le biais de notre projet de « pharmacie 2030 », en incluant, par l’exemple, l’idée d’une pharmacie digitalisée, que ce soit au niveau de l’officine ou de l’hôpital, mais également au niveau des nouveaux métiers qui sont développés chez nos voisins, et qui tardent à voir le jour chez nous.

L’Algérie doit elle réfléchir à un nouveau statut du pharmacien ?

C’est exactement ce que nous voulons faire, à travers un plan stratégique 2020-2025. Celui-ci se décline en six (06) axes majeurs : les pharmaciens des établissements de santé publique ou privée ; la règlementation et la régulation de l’exercice du pharmacien dans le secteur privé ; les pharmaciens des établissements pharmaceutiques ; la spécialisation des études du pharmacien ; l’exercice officinal ; la formation continue spécialisée des pharmaciens.

Parmi les principales mesures de ce plan, on peut citer la rémunération du pharmacien, la formation dans le cadre d’emploi, l’évaluation et la maîtrise des insuffisances ou encore les nouvelles missions de l’officine.

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