Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé le report des entretiens du concours de recrutement des enseignants pour l’année 2025. Initialement prévus sur une seule journée, le 21 février 2026, les entretiens se tiendront finalement sur trois journées, les 24, 25 et 26 mars 2026.
Une décision officiellement justifiée par le nombre exceptionnel de candidats inscrits, mais qui relance, dans le même temps, le débat sur l’articulation entre la date du concours et celle des entretiens, ainsi que sur la capacité du système à absorber une participation aussi massive.
Dans son communiqué, le ministère explique que ce report intervient « compte tenu du grand nombre de candidats inscrits » et vise à « créer des conditions optimales pour le déroulement des entretiens », tout en garantissant « un processus transparent et crédible ».
Un décalage de plus d’un mois qui interroge
Le décalage de plus d’un mois entre la date initialement annoncée et les nouveaux rendez-vous soulève des interrogations légitimes. Le ministère insiste toutefois sur le caractère strictement organisationnel de la décision. « Il a été décidé de reporter les entretiens aux 24, 25 et 26 mars 2026 », précise le communiqué, en soulignant que cette mesure vise avant tout à préserver l’équité entre les candidats.
Cette reprogrammation met en lumière un défi structurel : la gestion d’un concours national d’envergure reposant sur des entretiens individualisés, dans un contexte de pression croissante sur le secteur de l’éducation. Le report apparaît ainsi comme un ajustement logistique, mais aussi comme un révélateur des limites actuelles du calendrier administratif.
Participation massive : plus d’un million de candidats pour 40 500 postes
Le chiffre avancé par le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Sadaoui, donne la mesure de l’événement. « 1 065 000 candidats sont inscrits pour concourir à 40 500 postes », a-t-il déclaré à la presse, en marge d’une journée de formation dédiée aux journalistes spécialisés.
Face à cette affluence inédite, le ministère met en avant un dispositif numérique intégré. « L’opération de recrutement est soumise à un système numérique garantissant la transparence et l’égalité des chances », explique le ministre, évoquant la possibilité offerte aux candidats de « suivre leurs dossiers et de corriger toute insuffisance dans les délais impartis ».
Le classement et la notation se font, selon lui, « de manière automatique, selon des critères précis », afin d’attirer « des compétences qualifiées issues des ENS, des universités et des instituts ».
Un concours inscrit dans une réforme éducative plus large
Au-delà du concours, Mohamed Sadaoui inscrit l’opération dans une vision globale. « Il ne s’agit pas d’une opération conjoncturelle », affirme-t-il, mais d’« un travail continu mené avec discernement », à l’opposé de toute « initiative improvisée ».
La réforme éducative, rappelle-t-il, repose sur « le renouvellement des connaissances scientifiques » tout en assurant « la préservation de l’identité nationale », le ministère se présentant comme « le garant de l’identité nationale ».
Entre afflux massif, ajustement des dates et enjeux structurels, ce report illustre les tensions d’un système éducatif en transition, confronté à des attentes sociales et professionnelles de plus en plus élevées.
















