Cinquième puissance électrique thermique du monde arabe, l’Algérie dispose d’une capacité installée de 26 326 mégawatts en gaz et pétrole, selon un nouveau classement régional arrêté à janvier 2026. Le pays se place ainsi derrière l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Irak et les Émirats arabes unis, mais devance le Koweït, la Libye, Oman, le Qatar et Bahreïn.
Cette puissance repose presque exclusivement sur le gaz naturel. Le réseau national affiche une capacité installée de 27,33 gigawatts, les centrales au gaz représentant 99 % du mix électrique. Un taux qui s’explique par la position de l’Algérie parmi les grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures, qui lui permet d’alimenter ses centrales à des conditions favorables.
La demande intérieure ne cesse de progresser. L’État algérien investit près de 1,2 milliard de dollars dans le renforcement et la modernisation du réseau électrique national, face à une consommation qui bondit de 4,5 % par an. Une pression qui pèse mécaniquement sur les volumes disponibles à l’export, dans un contexte où la demande intérieure en gaz absorbe une part croissante de la production nationale.
Le solaire comme soupape
Sur le front du développement, les projets en cours ou annoncés représentent 4 305 mégawatts supplémentaires, dont la majorité est déjà en phase de construction. Un volume modeste comparé aux ambitions irakiennes ou saoudiennes, mais qui traduit une orientation de plus en plus assumée vers la diversification des sources de production.
Car le vrai chantier algérien se joue désormais dans le solaire. Dix-neuf centrales photovoltaïques doivent être mises en service progressivement en 2026, réparties sur une douzaine de wilayas du Sud et des Hauts Plateaux. Ces installations permettront d’économiser plus de quatre milliards de mètres cubes de gaz par an, des volumes qu’Alger compte rediriger vers ses clients européens. Le programme vise 3 000 mégawatts à court terme, avec un objectif de 15 000 mégawatts de renouvelables à l’horizon 2035.
Le Sahara algérien, qui figure parmi les zones à plus fort ensoleillement au monde, confère au pays un potentiel considérable pour réduire la part du gaz dans son mix électrique. Le projet Medlink, validé en 2025 par l’Union européenne comme projet d’intérêt commun, prévoit une interconnexion électrique sous-marine reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, avec une capacité de 2 000 mégawatts.
Pour l’heure, le gaz conserve sa place dominante dans le système électrique algérien, un héritage de décennies d’investissements dans les centrales thermiques et de la disponibilité abondante de la ressource. La transition vers davantage de renouvelables s’amorce, mais les thermiques au gaz resteront l’épine dorsale du réseau pour plusieurs années encore.
















