Les Émirats arabes unis ont ordonné mardi 10 mars la suspension des opérations de la raffinerie de Ruwais, l’une des plus grandes installations pétrolières au monde, après qu’un drone a frappé les environs du complexe. La mesure, présentée comme préventive par les autorités émiraties, illustre la nervosité croissante des monarchies du Golfe face à l’extension géographique du conflit au Moyen-Orient.
Située à environ 250 kilomètres à l’ouest d’Abou Dhabi, Ruwais constitue une pièce maîtresse du dispositif énergétique de la région. La raffinerie, opérée par ADNOC, traite plusieurs centaines de milliers de barils par jour et alimente une part significative des exportations d’hydrocarbures raffinés des Émirats. Sa mise à l’arrêt, même temporaire, constitue un signal fort sur la vulnérabilité des infrastructures pétrolières du Golfe.
L’incident survient dans un contexte déjà tendu, marqué par des frappes récurrentes de groupes armés liés à l’axe iranien contre des cibles économiques dans la péninsule arabique. Les Émirats avaient déjà subi des attaques de drones houthis en janvier 2022, qui avaient alors provoqué une hausse immédiate des cours du brut.
Les marchés pétroliers, qui scrutent avec attention toute perturbation dans la région, devraient réagir à cette nouvelle dès l’ouverture des échanges. Le Brent évoluait déjà sur des niveaux élevés en raison des tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Aucun groupe n’avait revendiqué l’attaque au moment de la publication de cette dépêche.
















