Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a affirmé jeudi que la dynamique économique que connaît l’Algérie permet de dégager, chaque année, plus d’un demi-million de postes de travail.
S’exprimant lors d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale consacrée aux questions orales adressées à plusieurs membres du gouvernement, Saihi a soutenu que « la dynamique économique et le niveau de croissance dans notre pays génèrent une forte impulsion dans la lutte contre le chômage », ce qui permet, selon lui, « de créer plus de 500 000 postes d’emploi chaque année ».
Le chiffre avancé peine toutefois à s’accorder avec les données les plus récentes. L’ONS avait enregistré en octobre 2024 un taux de chômage de 12,7 %, le plus élevé depuis 2011, avec un chômage des jeunes de 16 à 24 ans atteignant 29,3 %. Or, avec 700 000 à 900 000 nouveaux actifs entrant chaque année sur le marché du travail, les 500 000 postes revendiqués par le ministre ne couvrent à peine que 55 à 70 % des seuls nouveaux entrants, sans entamer le stock de 1,75 million de chômeurs déjà recensés.
Le chiffre est donc structurellement insuffisant pour faire reculer le chômage, et les économistes s’accordent à estimer qu’un taux de croissance supérieur à 7 ou 8 % serait nécessaire pour y parvenir, contre 3 à 3,5 % enregistrés ces dernières années.
Le ministre a par ailleurs mis en avant les efforts de son secteur en matière de numérisation, qu’il a présentée comme « la voie optimale pour offrir des services modernes et efficaces dans les domaines du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale ». Cette transition numérique vise, a-t-il précisé, à améliorer les performances et la qualité du service public.
Ces annonces n’ont pas été accompagnées de données détaillées sur la méthodologie de comptabilisation des postes créés. La question de l’absorption du chômage reste sensible, notamment depuis la réforme de l’allocation chômage adoptée en janvier 2026, qui a mis fin au caractère illimité du dispositif et expose des centaines de milliers de bénéficiaires à une sortie du système d’ici la fin de l’année.
















