Après la Chine, la Malaisie prend pied dans le paysage commercial algérien. Les échanges entre Alger et Kuala Lumpur ont bondi de 56 % en 2025, selon les données communiquées par l’ambassade malaisienne, confirmant l’émergence d’un second partenariat stratégique en Asie.
C’est dans ce contexte que l’ambassadeur malaisien à Alger, Rizany Irwan Muhamad Mazlan, vient de conduire une série d’entretiens avec le ministère algérien de l’Industrie pour concrétiser l’installation de FGV Holdings. Le groupe, bras commercial de l’autorité foncière malaisienne FELDA, est le troisième producteur mondial d’huile de palme par superficie plantée, avec quelque 439 000 hectares sous gestion et une production annuelle de près de 3 millions de tonnes d’huile brute. Son implantation en Algérie s’inscrit dans une démarche de diversification industrielle que les deux pays ont engagée ces dernières années.
Les deux gouvernements ont structuré leur coopération autour de plusieurs axes complémentaires, à l’issue de contacts intensifiés depuis l’adhésion d’Alger au Traité d’amitié et de coopération de l’ASEAN en juillet 2025. Il s’agit d’abord de l’agro-industrie, avec l’investissement de FGV dans la transformation de l’huile de palme sur le sol algérien. Le second axe porte sur la sidérurgie et les mines, où le Groupe Lion malaisien a annoncé un projet d’investissement de 8 milliards de dollars, susceptible de créer 10 000 emplois, sous réserve de finalisation des accords.
Le troisième et le quatrième axes s’intéressent respectivement aux infrastructures et à l’énergie, notamment l’hydrogène vert, secteur dans lequel la Malaisie, l’un des principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, dispose d’une expertise qui intéresse directement Sonelgaz.
Sidérurgie, hydrogène, agro-industrie : une coopération sur plusieurs fronts
Sur la question de l’hydrogène vert, les discussions entre l’opérateur algérien et des entreprises malaisiennes sont déjà engagées pour explorer les synergies possibles, tout comme pour les infrastructures. La récente rencontre entre la Société nationale de la sidérurgie et le Groupe Lion, en présence de l’ambassadeur malaisien, illustre la densité que prend progressivement ce partenariat.
La progression des échanges bilatéraux intervient dans une conjoncture qui plaide pour le renforcement de ce rapprochement. L’Algérie affiche une croissance de 3,8 % et un PIB estimé à 264 milliards de dollars en 2025, portée par une hausse de 5,4 % des secteurs hors hydrocarbures. Elle ambitionne de porter ses exportations hors pétrole et gaz à 29 milliards de dollars d’ici 2030, contre 5,1 milliards en 2023. La coopération avec Kuala Lumpur s’inscrit directement dans cette trajectoire.
La Malaisie, de son côté, a enregistré un niveau record de commerce extérieur en 2025, à 636 milliards d’euros, avec des exportations progressant de 6,5 %. Elle cherche à diversifier ses débouchés africains et voit dans l’Algérie, marché de 46 millions de consommateurs, une porte d’entrée vers le continent.
















