Le baril remonte timidement ce mercredi matin. À 06h26 GMT, le Brent s’échangeait à 67,55 dollars, en hausse de 0,19%. Le WTI américain, lui, gagnait 0,11% à 62,40 dollars. Des progressions modestes, après une séance de mardi qui avait vu les deux références perdre environ 1%.
Les volumes restent faibles : plusieurs places financières asiatiques sont fermées pour le Nouvel An lunaire, ce qui réduit mécaniquement les échanges. Mais la vraie raison du rebond est diplomatique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé que Téhéran et Washington s’étaient entendus sur les « principes directeurs » d’un futur accord nucléaire. Mais il a aussitôt tempéré : aucun compromis définitif n’est imminent. Ce signal ambigu suffit pour l’instant à rassurer les marchés sans les emballer.
La veille, les cours avaient cédé du terrain alors que l’Iran organisait des manœuvres navales près du détroit d’Hormuz, un passage stratégique par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, et que de nouvelles discussions s’ouvraient à Genève.
Le risque militaire reste dans les esprits
Certains analystes ne partagent pas l’optimisme ambiant. Le cabinet Eurasia Group chiffre à 65% la probabilité que les États-Unis mènent des frappes militaires contre l’Iran d’ici fin avril. Une telle escalade provoquerait une flambée immédiate des prix, le détroit d’Hormuz redeviendrait l’épicentre des tensions mondiales.
Un autre facteur à mettre dans la balance est la reprise de production au gisement de Tengiz, au Kazakhstan, l’un des plus grands champs pétroliers du monde. Après un arrêt technique en janvier, l’opérateur prévoit un retour à pleine capacité le 23 février. Davantage de pétrole sur le marché, c’est une pression à la baisse sur les prix.
Les stocks américains, verdict ce soir
Dans les prochaines heures, les marchés attendent les chiffres hebdomadaires des réserves de brut aux États-Unis. Les analystes sondés par Reuters anticipent une hausse de 2,3 millions de barils la semaine passée. Si les stocks augmentent plus que prévu, les prix pourraient reculer car trop d’offre disponible signifie moins de raison de payer cher.
À Genève, le dossier ukrainien s’invite aussi dans l’agenda diplomatique. Des négociateurs ukrainiens et russes ont entamé des discussions de paix sous médiation américaine. Donald Trump a pressé Kiev d’aller vite vers un accord pour mettre fin à un conflit qui dure depuis quatre ans. La perspective d’une désescalade en Europe est un facteur de calme sur les marchés de l’énergie, même si personne n’anticipe une résolution rapide.
















