L’Afrique du Nord a capté 3,75 milliards de dollars d’investissements dans la transition énergétique en 2025, se hissant au deuxième rang des sous-régions continentales, selon le rapport « Africa’s Power and Energy Transition Investment Report 2025 » publié le 17 février par Electron Intelligence, cabinet d’intelligence économique spécialisé dans les marchés africains de l’énergie.
Au total, le continent africain a attiré 13,84 milliards de dollars sur 306 transactions, impliquant 142 investisseurs distincts dans 43 pays. L’Afrique du Nord talonne de peu l’Afrique de l’Ouest, créditée de 3,91 milliards, et devance largement l’Afrique de l’Est (797,7 millions) et l’Afrique centrale (325,5 millions).
Le Maroc et l’Égypte, seuls aux commandes
La performance nord-africaine repose essentiellement sur deux marchés. L’Égypte arrive en deuxième position continentale avec 1,95 milliard de dollars, portée par le complexe solaire Obelisk de Scatec, 1,1 gigawatt sur la rive ouest du Nil, et une enveloppe de 90 millions d’euros de l’Union européenne pour la modernisation de son réseau électrique. Le Maroc, quatrième au classement continental avec 1,38 milliard, affiche 44 % de renouvelables dans son mix électrique, en route vers l’objectif de 52 % fixé pour 2030.
Le royaume chérifien a su attirer des capitaux du Golfe que d’autres n’ont pas su capter. Les fonds souverains saoudiens, émiratis et dubaïotes en ont fait leur tête de pont solaire en Afrique, séduits par la compétitivité des coûts de production et la lisibilité du cadre réglementaire.
À l’échelle du continent, c’est la Banque africaine de développement qui domine le classement des bailleurs avec 1,77 milliard de dollars engagés, devant le groupe Banque mondiale (1,04 milliard) et la banque sud-africaine Standard Bank (922 millions). Les dix premiers investisseurs concentrent à eux seuls 53 % des flux totaux, soit 7,42 milliards répartis sur 112 opérations dans 34 pays.
La bancabilité des projets constitue le critère déterminant, selon le rapport. Les capitaux se dirigent vers les contrats d’achat d’énergie assortis d’une bonne répartition des risques et d’un accès garanti au réseau. Résultat : les dix marchés les mieux dotés captent 73 % de la valeur totale des transactions continentales.
La dette, moteur principal des financements
Ce classement favorable masque une fragilité structurelle. La dette représente 9,05 milliards des 13,84 milliards investis, soit 65 % du total. Les capitaux propres n’arrivent qu’en deuxième position avec 2,48 milliards, suivis des subventions (1,17 milliard) et des garanties (656 millions). Un modèle qui soulève des questions de soutenabilité à moyen terme pour des économies nord-africaines déjà sous pression budgétaire.
L’Agence internationale de l’énergie relève par ailleurs que la région concentre plus de 45 % des investissements énergétiques du continent pour moins de 20 % de sa population, creusant un peu plus le fossé avec le reste de l’Afrique subsaharienne.
















