Plus de 17 700 Algériens vivant sans titre de séjour en Espagne pourraient être concernés par le futur dispositif de régularisation annoncé par Madrid, selon une estimation publiée par la Fondation espagnole des caisses d’épargne FUNCASES.
Le chiffre, encore rarement mis en avant dans le débat public, révèle une présence algérienne irrégulière plus importante que ce que l’on perçoit habituellement depuis Alger.
D’après cette étude, environ 17 765 ressortissants algériens seraient actuellement en situation administrative irrégulière sur le territoire espagnol. Ils entreraient potentiellement dans le champ de la vaste opération de régularisation préparée par le gouvernement espagnol pour stabiliser une population étrangère déjà insérée dans l’économie, mais fragilisée par l’absence de statut légal.
Cette donnée surprend par son ampleur relative pour la migration algérienne vers la péninsule ibérique. Longtemps marginale par rapport aux flux dirigés vers la France ou l’Italie, l’Espagne apparaît désormais comme un espace d’installation durable pour des milliers d’Algériens employés dans l’agriculture, le bâtiment, la restauration ou les services, souvent dans des conditions informelles qui limitent l’accès au contrat déclaré et à la protection sociale.
Une présence maghrébine numériquement limitée
FUNCASES estime par ailleurs à environ 20 700 le nombre de Marocains en situation comparable. Les deux communautés maghrébines présentent ainsi des volumes proches, avec des trajectoires marquées par la précarité juridique et une forte dépendance au marché du travail local.
Mais ces chiffres restent modestes lorsqu’ils sont replacés dans la structure globale de l’immigration irrégulière en Espagne. La même source indique qu’environ 84 % des personnes sans papiers sont originaires d’Amérique latine, notamment de Colombie, du Pérou, du Honduras ou du Venezuela. Ces nationalités constituent l’essentiel des bénéficiaires potentiels de la réforme espagnole, portée par la facilité d’entrée, la langue commune et des réseaux d’installation déjà consolidés.
Un enjeu qualitatif pour les Algériens
À l’inverse, la migration algérienne s’inscrit dans un cadre plus contraint, souvent lié à des traversées maritimes ou à l’expiration de visas, ce qui rend l’insertion plus lente et plus risquée. Le chiffre de plus de 17 000 Algériens concernés traduit moins un afflux récent qu’une accumulation progressive de situations précaires sur plusieurs années.
La régularisation pourrait permettre à plusieurs milliers de travailleurs algériens de sortir de l’économie informelle, d’accéder à un emploi déclaré et de stabiliser leur situation résidentielle. Même minoritaire à l’échelle espagnole, ce volume humain constitue un indicateur significatif de l’évolution de la mobilité algérienne vers la péninsule ibérique.
















