Ni expulsés, ni intégrés : les sans-papiers algériens piégés entre deux rives

Ni expulsés, ni intégrés : les sans-papiers algériens piégés entre deux rives

Depuis le début de l’année 2025, aucun Algérien n’a été expulsé de France, plaident les médias francais. Un gel inédit, lié au refus d’Alger de délivrer les laissez-passer consulaires. Pendant des mois, cette situation a figé le dossier migratoire et nourri les tensions entre Paris et Alger.

Ces dernières semaines, la France a voulu relancer le dossier par le biais du « retour volontaire », une procédure connue, mais très encadrée par la loi : l’aide financière versée ne peut dépasser 1.200 euros par personne. Rien à voir avec les rumeurs exagérées circulant sur les réseaux sociaux, évoquant des primes allant jusqu’à 7.000 euros.

L’ombre des prisons françaises

La campagne de sensibilisation a d’abord visé les établissements pénitentiaires. Dans des maisons d’arrêt surpeuplées, où les étrangers représentent parfois plus de la moitié des détenus, les autorités françaises proposent aux ressortissants algériens une alternative de sortir de prison et accepter un billet retour accompagné d’une aide financière plafonnée par la loi. L’objectif est double, alléger la pression dans les prisons françaises, saturées, et contourner le blocage diplomatique lié à la délivrance des laissez-passer consulaires.

Selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF), les Algériens figurent parmi les plus concernés par les mesures d’éloignement. En 2023, sur 31.858 interpellations, 2.562 éloignements ont été exécutés. En 2024, les interpellations ont atteint 33.774 cas (23 % du total), mais seulement 2.999 éloignements (14 %).

Ces données révèlent l’ampleur de la situation : les Algériens sont les premiers en nombre d’interpellations et d’éloignements, mais la coopération diplomatique reste lourde. Alger exige à chaque fois des explications détaillées avant d’accorder un laissez-passer, refusant toute exécution automatique.

Rumeurs et désinformation

La tension entre les deux capitales alimente un climat de suspicion. Sur les réseaux sociaux, des rumeurs se répandent rapidement, qu’il s’agisse de faux chiffres d’expulsions en 2025 ou d’aides financières fantaisistes prétendument offertes par la France ou par Alger. Ces intox, parfois relayées sciemment, visent à influencer l’opinion publique et à pousser certains sans-papiers à envisager un retour.

Or, en réalité, la procédure française reste claire : l’aide au retour volontaire est plafonnée à 1.200 euros, assortie d’un billet d’avion et, dans certains cas, d’un programme de réinsertion. Les histoires de primes faramineuses n’ont jamais eu de base légale.

Pour beaucoup d’Algériens en situation irrégulière, le doute domine. Ils ne croient plus aux annonces françaises, pas plus qu’aux promesses d’Alger. Entre les prisons surpeuplées, les boulots clandestins et la précarité, certains refusent l’idée de rentrer malgré leurs conditions de vie indignes.

Cette méfiance s’explique aussi par le jeu politique entre les deux États : la France accuse l’Algérie de bloquer les expulsions, l’Algérie dénonce les humiliations subies par ses ressortissants. Dans ce bras de fer, les sans-papiers deviennent les victimes collatérales d’une diplomatie qui les dépasse.

Une impasse migratoire

La crise migratoire entre Paris et Alger illustre une fracture plus profonde : l’absence de confiance entre les deux rives de la Méditerranée. Tant que la coopération restera entravée par les rancunes, les calculs politiques et la désinformation, les sans-papiers algériens continueront de vivre dans cet entre-deux tragique.

Ni expulsés, ni réellement intégrés, ni convaincus par les aides au retour, ils survivent dans une précarité extrême, entre espoir déçu et horizon bouché.

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