La finance islamique se développe en Algérie. Les derniers indicateurs montrent un engouement marqué des citoyens et des entreprises pour ces produits alternatifs, témoignant d’une transformation profonde du paysage bancaire national portée par la volonté de moderniser le secteur financier.
Le ministre des Finances a apporté le 13 janvier dernier, des précisions chiffrées dans une réponse officielle à une question posée par un député du parti Mouvement El-Binaa. Les données arrêtées au 30 juin 2025 révèlent une accélération nette de l’activité par rapport à l’année précédente.
À cette date, le pays comptabilise désormais un total de 868 513 comptes bancaires islamiques. Si l’on compare ce volume aux 745 574 comptes enregistrés en septembre 2024, le secteur affiche une croissance de plus de 16 % en seulement neuf mois. Cette progression constante souligne une adoption massive par les épargnants algériens qui cherchent des solutions bancaires conformes à leurs convictions.
Une répartition équilibrée entre public et privé
L’analyse détaillée du nombre de comptes montre une répartition claire du marché. Les banques publiques gèrent désormais 344 116 comptes, témoignant de l’effort de généralisation des « fenêtres islamiques » dans les institutions étatiques. Par déduction des chiffres officiels, le secteur privé (les banques de la place) domine le parc des clients avec 524 397 comptes ouverts.
Cette complémentarité entre le secteur public et privé renforce la solidité du marché algérien. Les banques privées, souvent pionnières, conservent une avance significative en termes de volume de clientèle. Parallèlement, les banques publiques rattrapent rapidement leur retard grâce à l’utilisation intensive de leur vaste réseau national de proximité.
Une collecte de ressources très dynamique
Le chapitre des ressources collectées illustre cette vitalité économique. Au 30 juin 2025, les dépôts globaux ont atteint 930 milliards de dinars. Pour rappel, ce montant s’élevait à 817 milliards de DA en septembre 2024.
L’analyse montre que les banques publiques ont collecté 222 milliards de DA. En revanche, les banques privées captent la majorité des ressources avec 708 milliards de DA déposés. Ces fonds, auparavant thésaurisés hors du circuit bancaire, intègrent désormais officiellement l’économie formelle. La finance islamique joue ainsi un rôle crucial dans l’inclusion financière nationale et la modernisation des flux de capitaux.
Le financement massif de l’économie réelle
L’essor ne se limite pas aux dépôts. Le volet des financements accordés connaît également une poussée significative. Le montant total des crédits conformes à la Charia s’établit à 609,5 milliards de DA à la mi-2025, contre environ 505 milliards de DA à l’automne précédent.
Les financements profitent majoritairement aux entreprises (520,2 milliards de DA). Ce soutien direct à l’investissement productif, via des mécanismes comme la Mourabaha ou l’Ijara, renforce la résilience globale de l’économie algérienne.
















