Finance islamique et argent hors circuit bancaire: un accommodement laborieux

Finance islamique et argent hors circuit bancaire: un accommodement laborieux

Tous les ministres qui se sont succédés dans le secteur de la finance en Algérie ont fixé le même objectif: moderniser le système financier et bancaire. Au moment où la finance mondiale est révolutionnée par la technologie, en Algérie, ce développement reste comme un vœu pieux.

Entre effets d’annonces et l’éternel projet de numérisation ou modernisation du secteur, les autorités décident de tabler fort sur la généralisation de la finance islamique où les guichets islamiques sont ouverts au niveau des banques publiques et privées pour formaliser l’argent qui circule hors circuit bancaire. Des sommes colossales estimées par la banque d’Algérie à 33,35 % du total de la masse monétaire à fin septembre 2022, ce qui représente plus de 7 300 milliards de dinars.

Une timide captation de dépôts

La circulation fiduciaire hors circuit bancaire dans le pays n’est pas la seule lacune qui marque le système financier algérien. Les appels répétitifs et les « garanties verbales ou réglementaires », du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune n’ont pas convaincu, en effet, les détenteurs de l’argent à déposer leur argent dans les banques.

En janvier dernier, lors de la rencontre Gouvernement-walis, le Président de la république a avancé la carte de « l’intérêt général ». Il a appelé les détenteurs des fonds à injecter leur argent dans l’économie nationale et, surtout, que cet argent « ne pollue pas l’économie, ne crée pas l’inflation et doit contribuer au développement national ». Il a également mis en garde contre la « limite de la patience de l’État », parce que « une fois cette patience arrive à terme, des mesures seront prises ».

Même si la finance islamique est nouvelle pour les banques publiques (généralisée depuis 2020) et ses guichets étaient réservés aux banques privées, le bilan semblait prometteur, sans toutefois d’incidence économique. Jusqu’au troisième trimestre 2022, la banque d’Algérie a recensé près de 500 guichets dédiés à la finance islamique à l’échelle nationale et l’ouverture de 600.000 comptes bancaires.

Du point de vue économique, la campagne incitative des autorités à la finance islamique fait face à un réel dilemme. C’est l’existence d’une économie informelle beaucoup plus florissante que ce que peuvent générer ceux qui activent dans l’économie réelle. L’argent qui circule dans l’informel ou stocké, en liquide, dans les foyers, est souvent le moteur qui fait fonctionner le commerce informel.

En mars dernier, le président de l’ABEF (Association professionnelle des banques et des établissements financiers) a déclaré que près de 600 milliards de dinars ont été collectés par les guichets islamiques jusqu’en janvier 2023.

Des produits financiers peu attractifs

Lors des débats sur la loi sur la monnaie et le crédit à l’assemblée populaire nationale, les élus ont proposé la création de banques entièrement islamiques au lieu de se contenter des guichets qui se créent au niveau des banques classiques. Ils considèrent que c’est le « meilleur moyen » pour attirer les fonds qui circulent dans l’informel.

Une inclusion financière aux normes islamiques? Ce choix est éprouvé avec succès dans les pays précurseurs à la finance islamique, comme en Indonésie, en Turquie, en Arabie Saoudite ou encore en Jordanie… Mais dans ces pays, les offres de produits financiers sont plus importants et s’adaptent au développement technologique.

En Algérie, les raisons de la lenteur avancées par les experts: l’inadaptation des produits au contexte économique du pays et des produits financiers, tels que l’assurance, Takaful, Mourabaha (immobilière, automobile et consommation), qui sont en réalité plus coûteux, jusqu’à présent que les taux proposés par certaines banques classiques.

Le résultat aurait été plus probant si l’objectif de la création en grande pompe des guichets islamiques dans les agences bancaires et le lancement de vrais produits financiers adaptés avaient été lancés pour créer une dynamique financière et économique et non pas de viser seulement une niche fiduciaire (argent de l’informel). C’est, en tous cas, la conviction partagée par les financiers et les experts dans les différentes rencontres dédiées à la finance islamique.

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