Les acteurs de la filière des viandes rouges et de l’élevage à Tamanrasset ont exprimé leurs préoccupations majeures devant une mission d’information de l’Assemblée populaire nationale. Ils insistent sur la hausse des prix de la drêche et des aliments pour bétail, le besoin urgent de renforcer les points de contrôle vétérinaires pour protéger les troupeaux des épidémies saisonnières, ainsi que la nécessité de simplifier les procédures d’obtention de prêts saisonniers pour soutenir l’engraissement à l’approche des périodes de forte demande.
Plusieurs infrastructures inspectées
La mission effectue des visites dans plusieurs wilayas du Sud. Arrivée à Tamanrasset mardi, elle a poursuivi ses activités mercredi, accompagnée du directeur des services agricoles, du secrétaire général de la chambre d’agriculture de la wilaya et de l’inspecteur vétérinaire.
Le programme a débuté par la visite du marché municipal de Tamanrasset, d’une capacité de 2 tonnes par jour, qui fournit aux grossistes et détaillants divers types de viandes rouges.
Les membres de la délégation ont ensuite rencontré les éleveurs et professionnels au souk à bétail de « Tiehguine », où ces derniers ont détaillé les obstacles menaçant la stabilité du cheptel local.
Ils ont inspecté la ferme du Sud pour la production de viandes et la fabrication d’aliments (spécialisée dans l’engraissement d’ovins et bovins et l’abattage industriel), qui couvre une grande partie des besoins de Tamanrasset et des régions avoisinantes, ainsi que le centre d’engraissement ovin et bovin de la commune d’Adrian.
La visite s’est conclue par l’examen des minoteries de « Tinheinan », où le directeur de l’unité a présenté les étapes techniques de fabrication des aliments composés pour garantir leur qualité et leur conformité sanitaire, ainsi que les mécanismes de distribution directe aux éleveurs afin de briser le cercle des spéculateurs. Concernant les matières premières (maïs, orge, soja), il a rappelé que l’Office national de l’alimentation du bétail en assure la fourniture.
Une trentaine de commerçants à l’origine de la filière
Une trentaine de commerçants de troc ont insufflé un nouveau dynamisme à la filière depuis juin 2021 grâce à l’importation de cheptel vivant. Principalement des « commerçants de troc », ils se sont spécialisés dans l’échange frontalier avec les pays voisins pour approvisionner la filière viande. Ils opèrent sous l’encadrement des services agricoles locaux.

Depuis le lancement de l’opération en juin 2021, Tamanrasset achemine plus de 21 000 tonnes de viandes rouges vers le Nord du pays. Les services agricoles supervisent l’opération via un contrôle vétérinaire renforcé et des autorisations sanitaires accélérées.
En plus de cette opération d’importation, Tamanrasset dispose d’infrastructures nouvelles : deux abattoirs principaux (250 gros ruminants par jour – chameaux et vaches – et 350 ovins), un abattoir moderne privé (500 têtes/jour avec unité d’engraissement depuis 2022), un centre d’analyse vétérinaire (janvier 2023) et un abattoir de 60 tonnes/jour. Ces efforts s’inscrivent dans le Plan national de développement de l’élevage (2018-2025) pour renforcer la sécurité alimentaire.

















