La famille du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré depuis plus de trois mois en Algérie, a exprimé publiquement ses réserves à l’égard de la posture adoptée par le président Emmanuel Macron qui s’est aligné sur le recours au “bras de fer” défendu par son ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau. Journaliste à SoFoot, Christophe Gleizes est resté, à Alger, sous contrôle judiciaire pendant un an, avant d’être condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « propagande nuisible à l’intérêt national ». Son procès en appel doit se tenir en octobre, au cours de la prochaine session criminelle.
Gleizes est détenu à Tizi Ouzou, dans des conditions que ses proches qualifient de « dures mais dignes ». Ses parents, Sylvie Godard et Francis Godard, qui lui ont rendu visite à deux reprises en août, ont décidé d’alerter l’opinion publique sur ce qu’ils considèrent comme une dérive diplomatique. « Nous craignons que Christophe soit utilisé comme levier dans les tensions franco-algériennes », a déclaré Francis Godard dans une interview accordée à 20 Minutes. « Il n’est ni un militant, ni un provocateur. C’est un journaliste passionné de football, rien de plus. »
La famille n’apprécie guère la posture adoptée par Emmanuel Macron, qui a récemment appelé à une « fermeté accrue » vis-à-vis de l’Algérie. Les proches de Gleizes jugent qu’il s’agit d’une démarche contre-productive. « Ce n’est pas en haussant le ton que l’on obtiendra sa libération. Nous demandons que son cas soit traité dans le calme, loin des postures politiques », insiste Sylvie Godard dans Midi Libre.
Rien à voir avec l’affaire Sansal
Les parents de Gleizes ont également tenu à distinguer son cas de celui de Boualem Sansal, écrivain, également emprisonné. « Les deux affaires sont différentes. Il ne faut pas les amalgamer. Christophe n’a rien à voir avec des enjeux idéologiques ou politiques », ont-ils précisé dans le même entretien.
Face à l’absence de réaction officielle du Quai d’Orsay, la famille appelle à une mobilisation citoyenne et médiatique. « Nous avons besoin que la presse continue de parler de lui. Le silence est notre pire ennemi », conclut Francis Godard.