Les importations marocaines de gaz naturel ont progressé de 6,9 % en 2025 pour atteindre 10,375 térawattheures (TWh), contre 9,703 TWh en 2024, selon des données sectorielles concordantes. Cette hausse intervient dans un contexte de stabilisation de l’approvisionnement énergétique du Royaume et de montée en puissance de son intégration aux flux gaziers ibériques.
Une dynamique haussière
Après un début d’année marqué par un recul des volumes en glissement annuel, les importations ont augmenté progressivement, avec des pics enregistrés en juillet et août. Le mois de janvier a constitué le point bas de l’exercice.
Cette évolution traduit une adaptation des achats aux besoins du système électrique, le gaz jouant un rôle croissant dans la production d’électricité et l’équilibrage du mix énergétique marocain.
Le Maroc, deuxième client gazier de l’Espagne
En parallèle, les données publiées par la Corporation des réserves stratégiques des produits pétroliers (Cores) montrent que le Maroc a représenté 24,9 % des exportations espagnoles de gaz naturel en 2025. Sur un total de 41 735 gigawattheures (GWh) exportés par l’Espagne, en hausse de 14,7 % sur un an, près d’un quart a été destiné au marché marocain.
Selon la Cores, 68,8 % des volumes exportés ont transité par le gazoduc
qui était auparavant utilisé pour transporter le gaz algérien vers l’Europe, exploité en flux inversé pour alimenter le Royaume. La France demeure le premier client de l’Espagne (34,5 %), devant le Maroc.
Pour le seul mois de décembre 2025, l’Espagne a exporté 2,411 TWh de gaz naturel, en recul de 42,9 % sur un an. Le Maroc a toutefois constitué la première destination mensuelle avec 38 % des volumes, soit 916 GWh, devant le Portugal et l’Afrique du Sud.
Diversification des sources et dépendance logistique
Le Maroc importe du gaz naturel liquéfié (GNL) à partir de sources internationales diversifiées, notamment les États-Unis et la Russie. Un contrat signé en juillet 2023 avec Shell prévoit la fourniture de 500 millions de mètres cubes par an pendant 12 ans.
Le GNL est regazéifié dans des terminaux espagnols avant d’être acheminé vers le Maroc par gazoduc. Dans certaines statistiques internationales, le Royaume apparaît comme importateur de gaz russe par pipeline. Toutefois, il ne dispose d’aucune liaison directe avec la Russie : les volumes concernés correspondent à du GNL russe traité en Espagne puis injecté dans le réseau ibérique.
Recomposition des flux en Espagne
Sur le plan des approvisionnements, l’Espagne a réduit de 41,1 % ses importations de gaz d’origine russe en 2025, à 42 629 GWh, même si la Russie reste son troisième fournisseur avec 11,5 % de part de marché. L’Algérie demeure la première source d’approvisionnement (34,6 %), suivie des États-Unis (30 %), dont les livraisons ont fortement progressé.
Au total, les importations nettes espagnoles ont augmenté de 9 % en 2025, atteignant 329 992 GWh, avec une accélération de 15,1 % en décembre.
















