Le relâchement du dispositif de sécurité replonge Ghardaïa dans la violence

Le relâchement du dispositif de sécurité replonge Ghardaïa dans la violence
Ghardaïa, ville touristique et commerciale, n'est plus que l’ombre d’elle-même après de longues semaines de violences.

C’est surtout au niveau des quartiers de Mélika, Sidi Abaz, Bounoura et Théniet El Makhzen que les troubles ont été les plus violents. Nos sources s’accordent pour dire que ce regain de tension entre quartiers arabes et mozabites est intervenu suite à un relâchement du dispositif sécuritaire mis en place ces dernières semaines à Ghardaïa.

 

 

Les troubles reprennent à Ghardaïa. Après une relative accalmie ponctuée d’échauffourées sporadiques vite contenues par les forces de sécurité, ces dernières quarante-huit heures ont connu une recrudescence des actes de vandalisme ciblant les commerces et des agressions contre des citoyens mozabites, comme nous l’ont confirmé plusieurs sources locales.

C’est surtout au niveau des quartiers de Mélika, Sidi Abaz, Bounoura et Théniet El Makhzen que les troubles ont été les plus violents. Lundi passé, un bus transportant des jeunes écolières d’une école coranique a été visé par des jets de pierres au niveau de la ligne de « démarcation » séparant le quartier mozabite de Beni Isguen du quartier arabe de Theniet El Makhzen. Suite à quoi, les hostilités ont commencé mais les services de sécurité se sont interposés et ont pu séparer les deux camps. Mardi, c’est un commerce appartenant à un mozabite qui a fait l’objet de saccage, affirment des sources locales. Mercredi soir, les hostilités ont gagné le quartier de Béni Isguen, qui était plus ou moins  épargné lorsque les troubles du mois de décembre étaient à leur apogée. Des citoyens nous ont déclaré qu’ils montent chaque nuit la garde pour prévenir d’éventuelles attaques.

Nos sources s’accordent pour dire que ce regain de tension est intervenu suite à un relâchement du dispositif sécuritaire mis en place ces dernières semaines à Ghardaïa. Un climat d’inquiétude et de crispation s’est réinstallé et il risque de durer dans le temps. Les commerces et les écoles sont fermés, éloquent signe du malaise.

 

Les limites du dispositif  sécuritaire

 

Récemment, à l’occasion de la célébration des festivités du 8 mars, le général-major Abdelghani Hamel, directeur général de la Sûreté nationale, a indiqué qu’en plus des effectifs de la sûreté de wilaya qui dépassent les 4.000 hommes, 26 unités républicaines de sécurité ainsi que plus de 9 brigades mobiles de police judiciaire (BMPJ) ont été déployées dans la ville pour assurer la sécurité entre décembre 2013 et février 2014. Il a reconnu que la maîtrise de la situation n’a pas été facile. Des policiers accusés d’avoir exercé des violences contre des personnes interpellées lors des évènements de Ghardaïa, a rappelé le patron de la police, ont été radiés de ce corps.

En février dernier, un centre opérationnel de sécurité chargé de la gestion de la situation découlant des événements de Ghardaïa a été installé au niveau de la wilaya. Cogéré par un responsable de la Gendarmerie et un autre de la Sûreté nationale, il devait constituer un poste de commandement permettant de coordonner le déploiement des forces de sécurité dans le but de maîtriser toute tension et éventuellement intervenir rapidement en cas d’échauffourées. Force est de constater que cela n’a pratiquement servi à rien.

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