Cinq jours de grève et les effets se font déjà sentir. Les marchés de détail affichent des hausses spectaculaires, les stocks s’amenuisent et la chaîne d’approvisionnement vacille.
La grève des transporteurs de marchandises boucle ce mercredi sa septième journée consécutive sans qu’une issue ne se dessine. Le mouvement, massivement suivi par les professionnels du secteur privé, produit désormais des effets concrets sur l’économie : pénuries localisées, envolée des prix et filières sous tension.
Au marché hebdomadaire de Ahl Ksar, dans la wilaya de Bouira, l’ambiance habituelle a laissé place à l’inquiétude ce mercredi matin. Les exposants sont moins nombreux et les tarifs s’envolent. Le secteur des fruits et légumes subit de plein fouet l’absence des poids lourds sur les routes nationales.
La pomme de terre, produit de base par excellence, s’affiche désormais entre 100 et 110 dinars le kilogramme. Cela représente une hausse brutale de 30 dinars en seulement sept jours. Plus grave encore, les carottes atteignent des niveaux records et sont cédées entre 130 et 150 dinars. En comparaison avec le dernier mardi de décembre, l’augmentation dépasse les 60 dinars. La tomate suit la même courbe inflationniste et franchit la barre des 150 dinars le kilo.
Face à cette offre limitée, les consommateurs se sentent pris au piège. Un père de famille dépité confie que les citoyens n’ont pas le choix et doivent acheter les légumes malgré tout. Du côté des détaillants, on décline toute responsabilité. Les commerçants pointent du doigt les marchés de gros qui sont presque vides. Les rares stocks disponibles s’arrachent alors au prix fort.
Ruptures de stocks dans les épiceries et superettes
Le climat d’inquiétude gagne également les commerces de proximité. La grève des camionneurs impacte désormais les produits de large consommation. La semoule, denrée de première nécessité, commence à manquer dans plusieurs localités de la région de Bouira et de Béjaïa. Des ruptures de stocks sèment ainsi le doute chez les ménages.
Par ailleurs, la chaîne logistique du lait subventionné vacille. Dans la région de Sidi Aïch, la distribution est devenue très irrégulière. Les citoyens doivent patienter de longues heures sans certitude d’obtenir leur sachet quotidien. Cette situation de pénurie rampante accentue la pression sur les familles déjà fragilisées par l’érosion de leur pouvoir d’achat.
Un cri d’alarme venu des poulaillers
Le secteur de l’élevage est lui aussi au bord du gouffre. La filière avicole subit les conséquences directes du blocage des livraisons d’aliments de bétail. Sur les réseaux sociaux, les appels de détresse d’aviculteurs se multiplient. Ils alertent sur le risque imminent de mortalité des poussins en phase de croissance dans les poulaillers car ces derniers ne peuvent plus être nourris convenablement. Cette crise alimentaire animale pourrait entraîner une pénurie de viande blanche et une nouvelle hausse des prix du poulet.
Les revendications au cœur de la discorde
Malgré l’urgence de la situation, les grévistes campent sur leurs positions. La poursuite de la grève des camionneurs s’explique par deux revendications majeures. Premièrement, les professionnels exigent le retrait immédiat du projet d’amendement du code de la route qu’ils jugent trop répressif. Deuxièmement, ils réclament la disponibilité des pièces détachées sur le marché national.
En l’absence d’un dialogue productif, le pays s’enfonce dans une crise logistique majeure. Les opérateurs économiques et les citoyens appellent désormais les autorités à intervenir en urgence pour trouver une issue avant que la situation ne devienne totalement incontrôlable.

















