Le mouvement de protestation déclenché par des transporteurs de carburants le 1er janvier commence à produire des retombées concrètes sur l’approvisionnement, notamment dans la wilaya de Bouira, où des perturbations sont déjà observées dans plusieurs stations-service.
Sur le terrain, la situation devient préoccupante. L’essence et surtout le gasoil ne sont plus disponibles dans toutes les stations. À Boucheloul, la station-service relevant de la compagnie publique Naftal a fermé ses portes samedi, faute de carburant disponible. À quelques kilomètres de là, sur la route menant vers Ahl Ksar, la seule station en activité proposait uniquement de l’essence samedi matin, les réserves de gasoil étant épuisées.
Cette situation est directement liée aux perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, provoquées par l’arrêt du transport des carburants. Une grève qualifiée de non structurée, mais dont les effets commencent à se faire sentir au-delà du secteur énergétique, avec des risques de répercussions sur l’approvisionnement de certains produits de base, fortement dépendants du transport routier.
Face à cette situation, l’opérateur public Naftal, chargé de la commercialisation et de la distribution des produits pétroliers, a réagi fermement. Dans une dépêche publiée samedi par l’APS, l’entreprise a appelé les transporteurs de carburants et de gaz pétrolier liquéfié (GPL) sous contrat à reprendre immédiatement leurs activités.
Dans une note adressée aux transporteurs, Naftal évoque un « manquement aux obligations contractuelles », suite au refus d’assurer le ravitaillement des dépôts et la distribution des carburants et du GPL depuis le 31 décembre 2025. L’entreprise estime que cette interruption a entraîné une « perturbation de sa mission de service public ».
Qualifiant la situation de « violation des clauses contractuelles », Naftal avertit que les transporteurs sont tenus de reprendre immédiatement leurs obligations, faute de quoi elle se réserve le droit de résilier les contrats à leurs torts exclusifs. L’entreprise n’exclut pas non plus le recours à des actions civiles et pénales à l’encontre des transporteurs concernés.
Sur le terrain, les usagers redoutent une aggravation de la pénurie si le blocage devait se prolonger. À Bouira, comme dans d’autres wilayas, la situation illustre la fragilité de la chaîne logistique et la rapidité avec laquelle un mouvement sectoriel peut affecter le quotidien des citoyens.