Groenland et chaos climatique comme la mélodie d’une guerre mondiale

Groenland et chaos climatique comme la mélodie d’une guerre mondiale

À Davos, la semaine passée, le spectre d’un troisième conflit mondial est sorti de la prospective lointaine pour se rapprocher dangereusement de nos agendas. Les forums économiques, autrefois sanctuaires du libre-échange, résonnent désormais d’avertissements apocalyptiques.

Les tensions internationales cumulées du début du XXIe siècle -migrations, accès aux matières premières vitales, exploitation des pôles libérés par la fonte des glaces, montée des extrêmes droites fascisantes- trouvent aujourd’hui dans le chaos climatique un accélérateur impitoyable. Ce n’est plus une question de degrés : c’est une mélodie guerrière qui s’installe.

D’une manière ou d’une autre, elle est écrite par des autocrates qui refusent le défi global contre le réchauffement climatique et le dérèglement qu’il entraîne. Ils ont déjà décidé de s’en protéger seuls, en le tournant à leur avantage. La volonté de Donald Trump de s’emparer du Groenland en est la caricature ultime.

Tempêtes d’hiver, cataclysmes d’été

L’intensification des tempêtes et des séquences extrêmes n’est plus un débat scientifique : c’est une réalité qui frappe à nos portes. Après les canicules suffocantes et les grands incendies qui ravagent les étés -de la Grèce à la Californie en passant par l’Algérie- voilà que l’hiver nous offre ses ouragans monstrueux. Les tempêtes Harry en Méditerranée et Ingrid dans le golfe de Gascogne, avec leurs rafales à 130 km/h et leurs vagues de 9 mètres, rappellent sinistrement le cataclysme de Derna en Libye en 2023.

Cette tempête Daniel, qui rompit un barrage mal entretenu et tua plus de 30 000 personnes, est symptomatique du réchauffement. Elle a été amplifiée par une température de l’eau en Méditerranée de 3 à 4 °C au-dessus des normales, gonflant les précipitations de 20 %. Aujourd’hui, les rapports du GIEC confirment : le réchauffement anthropique (+1,1 °C) intensifie ces phénomènes, rendant les épisodes de pluies extrêmes 12 à 22 % plus violents depuis 1961.

Le dérèglement tue directement par noyades et embrasements. Mais surtout, il menace d’en faire mourir indirectement à une échelle inédite, en réveillant des réflexes coloniaux des XVIIIe et XIXe siècles – ceux qui, avant les mouvements de libération, ont coûté deux guerres mondiales aux puissances du siècle dernier.

Groenland, minerais et abri climatique

La calotte glaciaire groenlandaise a perdu 5 000 milliards de tonnes depuis 2002, libérant bientôt zinc, terres rares, uranium et or. Le réchauffement génère des opportunités insoupçonnées il y a cinquante ans. Il est l’artisan masqué de la fragmentation supersonique des alliances géopolitiques, à la manière des conséquences de la chute du mur de Berlin, en plus systémique et en plus alarmant. La seconde avait apporté la fin de la guerre froide. Le premier dramatise la confrontation entre acteurs géants : États-Unis, Chine, Europe, Russie.

Les réponses les plus efficaces à ce stress planétaire -distillé intuitivement aussi par le dérèglement climatique, qui combine canicule extrême et froid polaire comme en ce moment sur un tiers du territoire des États-Unis-sont des réponses populistes d’extrême droite. Elles prônent l’autoritarisme politique érigé en souverainisme, le rejet des migrants étrangers, le protectionnisme commercial et la croissance dopée au carbone.

Elles ont deux explications aux inégalités sociales dans leurs pays et au déclassement de leurs classes moyennes : l’accaparement du Sud global par la Chine et le grand remplacement ethnique dans les métropoles. Les anciennes puissances seraient donc en train de perdre à la fois le centre et la périphérie du monde. L’heure de la reconquête a sonné. Celle des territoires et de leurs ressources. Une sorte de course à l’abri climatique autant qu’à la restauration de puissance.

L’Algérie, acteur timide de la résistance

Bien sûr, ce scénario de Mad Max n’est pas une fatalité. De grands pans de l’opinion mondiale réagissent et résistent. Face aux desseins impériaux et au chacun-pour-soi, jamais la coopération multilatérale n’a été aussi nécessaire. Elle est notamment vitale face au défi global du réchauffement et de ses conséquences sur l’activité humaine, sur une planète qui sera plus difficile à habiter dans un siècle. L’Algérie se situe, à ce stade, du bon côté de l’Histoire. Elle gagnerait pour la postérité à dénoncer plus courageusement les fossoyeurs du droit international et de l’ordre mondial multilatéral. Et à assumer plus ostensiblement sa part active dans son sauvetage.

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