La Mauritanie a commencé à appliquer, depuis jeudi, de nouvelles mesures aux postes-frontières afin d’empêcher l’exportation de produits alimentaires, « dans le but de préserver l’approvisionnement du marché intérieur », rapportent des médias locaux. L’interdiction concerne l’ensemble des denrées, qu’elles soient d’origine locale ou importées.
Selon des sources citées par l’agence d’information mauritanienne Al-Akhbar, les services de sécurité ont reçu des instructions pour appliquer strictement cette décision sur les différents points de passage frontaliers. Les véhicules et les voyageurs traversant les frontières ne sont désormais plus autorisés à emporter de produits alimentaires.
Cette mesure intervient dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes autour de la sécurité alimentaire et de la volatilité des marchés internationaux. Lors de la réunion du gouvernement mercredi dernier, le président Mohamed Ould Ghazouani a ainsi demandé à l’exécutif de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir l’approvisionnement du marché local en produits alimentaires et énergétiques essentiels, en quantités suffisantes et à des prix jugés acceptables.
Dans le prolongement de ces instructions, la commission ministérielle chargée du suivi de l’approvisionnement du marché national en produits de base s’est réunie mercredi soir sous la présidence du Premier ministre.
À l’issue de cette rencontre, le chef du gouvernement a appelé les secteurs concernés à renforcer la vigilance, à assurer un suivi permanent de la situation du marché et à prendre des mesures préventives afin de garantir un approvisionnement régulier et stable du marché national.
Cette décision intervient dans un contexte international particulièrement incertain, marqué notamment par l’escalade militaire autour de Iran. Le conflit en cours au Moyen-Orient alimente les craintes de perturbations des échanges et des chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans l’énergie et certaines matières premières. La flambée récente des prix du pétrole et les tensions autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du brut mondial, nourrissent l’inquiétude des gouvernements quant à la stabilité des marchés et à la sécurité des approvisionnements alimentaires.
















