Guerre contre l’Iran : au Maroc, certains rêvent de remplacer l’Espagne auprès de Washington

Guerre contre l’Iran : au Maroc, certains rêvent de remplacer l’Espagne auprès de Washington
Base navale de Rota (Wikimédia)

La tension entre Madrid et Washington après le refus espagnol de prêter ses bases militaires pour l’offensive contre l’Iran fait sourire certains éditorialistes… marocains. Selon El Confidencial, ils imaginent déjà que Rabat pourrait devenir le partenaire de substitution idéal pour les États-Unis

La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a des effets d’aubaine pour plusieurs acteurs, notamment la Russie, qui reprend, avec la bénédiction de Donald Trump, ses capacités de vente de pétrole. Au Maroc, certains pensent que le « no à la guerra » de Pedro Sánchez -qui écoeure Trump- et son refus d’autoriser l’utilisation de la Base navale de Rota et de la Base aérienne de Morón constituent une aubaine à saisir. “Le Maroc aspire à se positionner comme une alternative à une Espagne qui « déçoit » les États-Unis” titre le média espagnol.

Le “no” de Sanchez qui écoeure Washington

Pour rappel, Madrid a justifié ce refus en rappelant que l’accord bilatéral encadrant la coopération militaire avec les États-Unis ne prévoit pas l’utilisation de ces installations pour ce type d’offensive hors du droit international.

Le refus de Sanchez a suscité de vives critiques dans certains milieux politiques américains. Le 10 mars, le sénateur républicain Lindsey Graham, proche du président Trump, a alimenté la polémique. Lors d’une interview accordée à Fox News, il a appelé Washington à retirer les bases militaires américaines d’Espagne. Connu pour ses positions pro-Israël, Graham s’est également illustré ces dernières années par ses prises de position favorables au Maroc, notamment sur la question du Sahara occidental. Il évoque régulièrement l’idée de classer le Polisario comme organisation terroriste.

À Rabat, des commentateurs croient à l’aubaine

C’est dans ce contexte que plusieurs médias et commentateurs marocains évoquent l’hypothèse d’un repositionnement stratégique du royaume. Des éditorialistes suggèrent que le Maroc pourrait profiter des tensions entre Madrid et Washington pour se présenter comme partenaire alternatif dans la région. Ils mettent en avant la position géographique stratégique du Maroc, à proximité du détroit de Gibraltar, ainsi que la modernisation progressive, avec l’aide d’Israël, de ses forces armées.

La fidélité de Rabat à l’égard de Washington est également soulignée. Le roi Mohammed VI a ainsi accepté de participer au « Conseil de paix » lancé par l’administration Trump, et l’armée marocaine pourrait prendre part à une future force internationale de stabilisation pour “contrôler” la bande de Gaza.
Autre élément relevé par la presse : Rabat s’est abstenu de toute critique contre les bombardements visant l’Iran et a exprimé sa solidarité avec les pays du Golfe.

Silence sur Al-Aqsa

Mieux, alors que huit pays arabes et musulmans -Qatar, Jordanie, Émirats, Indonésie, Pakistan, Turquie, Arabie saoudite et Égypte -ont publié une déclaration commune condamnant la fermeture continue par les autorités d’occupation israéliennes des portes de la mosquée Al-Aqsa aux fidèles musulmans durant le ramadan, Mohammed VI s’est abstenu. Le roi du Maroc préside pourtant le Comité Qods, chargé de la protection des droits des musulmans à Jérusalem. Cela est d’autant plus remarquable quand on constate que les Émirats arabes unis, pays ami d’Israël et membre des accords d’Abraham, font partie des signataires.

Certains analystes proches des milieux sécuritaires américains et israéliens reprennent également cet argumentaire. José Levy Álvarez, ancien officier de l’armée israélienne devenu analyste au sein du think tank conservateur américain Middle East Forum, estime que la responsabilité de la crise actuelle incombe à l’Espagne, qui aurait selon lui « affaibli sa coopération en matière de défense avec ses partenaires occidentaux ».

À l’inverse, ajoute-t-il, le Maroc aurait « rapidement modernisé » ses forces armées ces dernières années. Cette évolution s’appuie notamment sur un renforcement de la coopération militaire avec Israël. Selon plusieurs études sur les transferts d’armements, les équipements israéliens ont représenté environ 24 % des importations d’armes marocaines au cours des cinq dernières années, faisant d’Israël le deuxième fournisseur militaire du royaume après les États-Unis.

Une alternative très théorique

Malgré ces spéculations, l’idée de voir le Maroc remplacer l’Espagne dans le dispositif stratégique américain du détroit de Gibraltar reste largement hypothétique, note El Confidencial. Le budget de défense espagnol demeure nettement supérieur à celui du Maroc, et les capacités militaires des deux pays restent difficilement comparables, en particulier dans le domaine naval.

Les bases de Rota et Morón jouent par ailleurs un rôle essentiel pour les opérations américaines en Méditerranée, en Afrique et au Moyen-Orient. Les déplacer représenterait un coût logistique et financier considérable pour le Pentagone.

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