Les places financières européennes traversent une séance de lundi particulièrement sombre sous l’effet conjugué d’une offensive militaire de grande envergure contre l’Iran et d’attaques directes visant le cœur industriel de l’Arabie saoudite.
Les principales bourses européennes reculent ce lundi 2 mars, les investisseurs réagissant à l’intensification des tensions militaires impliquant l’Iran et plusieurs pays producteurs du Golfe, dans un contexte de fortes fluctuations sur les marchés de l’énergie. En début de séance, le CAC 40 à Paris, le DAX à Francfort et le FTSE MIB à Milan évoluaient en baisse, dans le sillage des marchés asiatiques. À Londres, le FTSE 100 limitait son repli, soutenu par la progression des valeurs pétrolières et minières.
L’effet Aramco
La nervosité s’est accentuée après l’annonce par Saudi Aramco de la suspension préventive de certaines opérations sur le site de la raffinerie de Ras Tanura, à la suite d’incidents sécuritaires signalés à proximité d’infrastructures énergétiques. Bien qu’aucun dommage majeur n’ait été confirmé, cette décision ravive les craintes concernant la continuité de l’offre mondiale. La raffinerie de Ras Tanura est un fournisseur majeur de carburants, notamment de diesel, pour les acheteurs européens et produit également de plus petites quantités d’essence. À proximité se trouve le plus grand terminal d’exportation de pétrole brut et de produits pétroliers d’Aramco, comprenant des réservoirs de stockage, des postes d’amarrage portuaires et des points de chargement en mer.
Le détroit d’Ormuz
Les investisseurs surveillent également la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, toute perturbation durable du trafic maritime pouvant accentuer les tensions sur les approvisionnements.
Sur les marchés de matières premières, le Brent et le West Texas Intermediate progressaient nettement en séance, intégrant une prime de risque géopolitique. Du côté du gaz, la volatilité est particulièrement marquée au Royaume-Uni où les contrats britanniques ont bondi de plus de 40 % en séance, selon des données relayées par le London Stock Exchange Group, traduisant une forte sensibilité du marché aux risques d’approvisionnement.
La hausse des prix de l’énergie soutient les groupes pétroliers, tandis que les secteurs exposés aux coûts du carburant — transport, industrie lourde, logistique — figurent parmi les plus affectés. Les valeurs de défense progressent également. Parallèlement, les flux se dirigent vers les actifs jugés plus sûrs : l’or avance et les rendements obligataires en zone euro reculent. Les analystes estiment que la trajectoire des marchés restera étroitement liée aux développements sécuritaires et à la stabilité des infrastructures énergétiques du Golfe.
















