Deux opérateurs ont perdu la vie hier sur un chantier appartenant à l’entreprise nationale des services aux puits (filiale Sonatrach) à Hassi Messaoud. Les victimes sont originaires de Tlemcen et d’In Amenas. Tandis que trous autres opérateurs originaires de Ouargla et Touggourt ont subi des brûlures et sont toujours à l’hôpital.
Sonatrach a indiqué dans son communiqué que « l’accident a eu lieu au niveau d’un appareil de snubbing » et est survenu « lors d’une opération de maintenance où un feu s’est déclenché au niveau de l’appareil », sans plus de précisions.
Des sources locales révèlent à Maghreb Emergent que l’incendie s’est déclenché au niveau de la section HRS151. Feus Hasnaoui Abderahim et Sahnoun Smail, ainsi que leurs collègues, auraient déversé des produits nettoyants sur les effluents refoulés par la machine, déclenchant une inflammation fulgurante. Les opérateurs les plus proches des flammes ont payé ce geste de leur vie.


Contexte technique de l’appareil de snubbing
L’appareil de snubbing est un équipement spécialisé utilisé pour les interventions sur puits pétroliers sous pression, sans besoin d’éventement complet. Lors de la maintenance, il refoule des effluents – huiles résiduelles, boues et solvants – via ses pompes hydrauliques et vérins. Cette opération expose à des risques élevés en raison des fluides inflammables sous haute pression.
D’après les témoignages, les opérateurs effectuaient un nettoyage post-opération : ils auraient versé un dégraissant ou solvant (huiles ISO VG ou composés dispersants) directement sur le fluide refoulé pour dissoudre les dépôts paraffinés. Ce produit, hautement volatil, a rencontré une source d’ignition (étincelle d’outil, surface chaude ou gaz résiduel non purgé), déclenchant une inflammation instantanée. Les flammes, confinées à l’appareil, ont causé des brûlures graves et intoxications par inhalation chez les plus proches.
Facteurs aggravants : absence de zonage ATEX?
D’après les mêmes témoignages, un possible manquement au zonage ATEX (atmosphère explosible) est à signaler. Sans délimitation de zones à risque (0 à 2), balisage ni outils certifiés anti-étincelles, le versement s’est déroulé en périmètre non sécurisé. Les normes exigent un Document Relatif à la Protection contre les Explosions (DRPE), avec ventilation forcée et tests explosimètre avant manipulation.
Sonatrach a mentionné dans son communiqué que son équipe d’intervention « a procédé à la fermeture du puits et à l’extinction du feu ». Ce genre d’incendies est maîtrisable en une dizaine de minutes, selon les expertises techniques. Mais ce drame ravive les débats sur la sécurité en maintenance pétrolière, où lubrifiants hydrauliques et nettoyants inflammables requièrent protocoles stricts ATEX et formations renforcées.
















