Invité de l’émission “L’Insoumission”, le Dr Christophe Prudhomme dénonce les conditions d’exercice imposées aux praticiens diplômés hors Union européenne, notamment ceux formés en Algérie.
Dans un entretien accordé à Sylvain Noël, rédacteur en chef de L’Insoumission, le médecin urgentiste et syndicaliste CGT a évoqué la situation d’environ 5 000 médecins exerçant dans les hôpitaux publics français sans reconnaissance de leur diplôme.
“On a encore 5 000 collègues qu’on appelle à diplôme hors Union européenne qu’on continue à exploiter, payés point de 2 000 euros par mois dans les hôpitaux publics. On ne reconnaît pas leur diplôme”, a déclaré l’urgentiste.
Le cas des médecins formés en Algérie a particulièrement retenu son attention. « J’ai rencontré récemment un médecin généraliste qui a fait sa formation en Algérie. La formation des généralistes en Algérie, elle est calquée sur la formation française. C’est une des séquelles de la colonisation. Eh bien, on ne lui reconnaît pas son diplôme », a-t-il rapporté.
Un concours déguisé en examen
Le Dr Prudhomme conteste par ailleurs le mécanisme de validation des compétences imposé à ces praticiens. “On a un examen de validation des compétences, des connaissances, avec un nombre de postes limités. Ce n’est pas un examen de validation des compétences. S’il y a un nombre de postes limités, ça s’appelle un concours”, a-t-il estimé, citant l’exemple d’un médecin ayant obtenu la note de 14 mais recalé faute de places suffisantes.
“C’est voulu, parce que ces 5 000 médecins-là, ils sont exploités. Je le dis avec toute la solennité que ça doit : on les exploite comme des esclaves. C’est l’esclavagisme moderne de ces médecins dans les hôpitaux”, a poursuivi le syndicaliste.
Compétents les jours fériés, pas le reste de l’année
Il a également pointé ce qu’il considère comme une contradiction du système. “Quand il faut prendre les gardes à Noël, le jour de l’an, les jours fériés, eh bien c’est eux qui sont à l’hôpital. Alors que normalement, ils ne devraient pas pouvoir exercer sans avoir un médecin à diplôme français qui valide leur prescription. Là, on juge qu’ils sont compétents pendant ces périodes-là, mais après, ils ne sont pas compétents pour avoir l’exercice de plein droit”, a-t-il conclu.
Rappelons que la question de l’intégration des médecins étrangers revient régulièrement dans le débat public, dans un contexte de pénurie de praticiens et de multiplication des déserts médicaux sur le territoire français.
















