Du 11 au 13 mai à Alger, l’Alnaft et l’EAGE réunissent experts et investisseurs autour de l’exploration offshore en Méditerranée occidentale et de la relance des champs matures, au moment où l’Algérie cherche de nouveaux relais de production.
L’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) et l’Association européenne des géoscientistes et ingénieurs (EAGE) co-organisent à Alger, du 11 au 13 mai, une rencontre internationale articulée autour de deux ateliers techniques dédiés à l’exploration offshore et à l’optimisation des champs matures. L’événement réunira des experts et des professionnels du secteur énergétique venus d’horizons nationaux et internationaux.
L’offshore algérien, un potentiel encore largement inexploré
Le premier atelier portera sur les perspectives d’exploitation des hydrocarbures dans le bassin frontalier algérien de la Méditerranée occidentale. Les travaux se concentreront sur l’exploration des zones profondes et ultra-profondes du domaine maritime algérien, dont le sous-sol recèle des potentiels géologiques que les campagnes d’exploration n’ont, à ce jour, que très partiellement évalués.
Les participants examineront les avancées en matière d’acquisition et de traitement des données géophysiques, ainsi que les nouvelles perspectives d’investissement et de coopération dans ce segment. L’Algérie, dont l’essentiel de la production repose sur les bassins sahariens continentaux, cherche à diversifier son portefeuille d’actifs en ouvrant de nouveaux fronts d’exploration en mer, une orientation déjà perceptible dans l’accord signé avec Chevron pour l’évaluation du potentiel maritime en vue d’appels d’offres internationaux prévus en 2026.
Relancer la production dans les champs en déclin
Le second atelier abordera une problématique tout aussi stratégique : l’amélioration des taux de récupération dans les gisements matures et les réservoirs à basse perméabilité. Seront notamment à l’ordre du jour les méthodes avancées de récupération assistée, la gestion des réservoirs hétérogènes et fracturés, ainsi que l’exploitation des grès compacts cambro-ordoviciens et des carbonates cénomaniens-turoniens et liasiques, des formations géologiques présentes dans plusieurs bassins algériens dont le potentiel résiduel reste significatif.
Dans un contexte où la production nationale d’hydrocarbures liquides accuse une érosion tendancielle depuis plusieurs années, la question de la revitalisation des champs anciens constitue un levier incontournable pour soutenir les volumes exportés et les recettes en devises dont dépend largement l’équilibre budgétaire du pays. La stratégie d’exploration élargie annoncée par le ministre Arkab, avec un nouvel appel d’offres dès début 2026, s’inscrit dans cette même logique de consolidation des réserves.
Une plateforme d’échanges à vocation régionale
L’Alnaft présente cet événement comme une « plateforme d’échange entre experts locaux et internationaux », destinée à renforcer le partage des savoir-faire, l’innovation et la coopération dans le développement du secteur énergétique algérien.
La tenue de ce forum à Alger s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement de l’Algérie comme partenaire énergétique de référence pour l’Europe, à l’heure où la sécurisation des approvisionnements en gaz demeure une priorité pour le Vieux Continent.
Elle fait écho à l’intense activité de l’agence ces derniers mois, marquée par plusieurs accords avec des compagnies internationales et par la montée en puissance d’un discours assumant pleinement le potentiel des ressources non conventionnelles comme relais de croissance à long terme.
















