L’Union européenne affiche de manière explicite son ambition de renforcer et d’accroître les investissements européens dans le secteur gazier algérien, confirmant le rôle stratégique de l’Algérie dans la sécurité énergétique du continent. Cette orientation ressort clairement du communiqué conjoint ayant sanctionné la sixième réunion du dialogue politique de haut niveau sur l’énergie entre l’Algérie et l’UE, tenue ce jeudi à Alger.
Lors de cette rencontre, les deux parties ont souligné que « l’Algérie demeure un fournisseur majeur et fiable pour l’Europe », tout en exprimant « le souhait de voir s’accroître les investissements européens dans le secteur des hydrocarbures en Algérie », en particulier dans le gaz naturel, considéré comme « un enjeu stratégique commun ».
Dans un contexte énergétique mondial marqué par de fortes tensions et une accélération de la transition énergétique, le gaz algérien apparaît ainsi comme un pilier essentiel de la résilience du système énergétique européen.
Le communiqué met également en avant le fait que l’Algérie est perçue par l’UE comme un partenaire stratégique et durable, capable de garantir un approvisionnement fiable en gaz naturel, tandis que l’Union européenne se positionne comme un fournisseur clé de technologies et de solutions énergétiques propres, notamment dans les réseaux électriques, l’intégration des systèmes et l’efficacité énergétique. Cette complémentarité est présentée comme un levier central pour soutenir à la fois la transition énergétique de l’Algérie et la sécurité d’approvisionnement européenne.
Une déclaration inscrite dans un partenariat stratégique ancien
Cette déclaration intervient dans le cadre de la sixième réunion annuelle de haut niveau du dialogue politique sur l’énergie, coprésidée par Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, et Dan Jørgensen, commissaire européen chargé de l’Énergie et du Logement.
La rencontre s’inscrit dans la continuité du Mémorandum d’entente sur le partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Union européenne dans le domaine de l’énergie, signé à Alger en 2013, qui vise à «développer et renforcer les relations énergétiques tout en respectant l’équilibre des intérêts entre les deux parties ».
Elle a été précédée d’un entretien entre les ministres algériens et le commissaire européen, consacré aux moyens de renforcer la coopération bilatérale, dans un contexte international caractérisé par des défis énergétiques complexes et une transition énergétique de plus en plus rapide.
Les échanges ont permis de faire le point sur l’état d’avancement de la coopération, notamment à travers les travaux des groupes d’experts sur le gaz naturel, l’électricité, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, créés en 2015. Les deux parties se sont félicitées des progrès réalisés, qui ont contribué à une meilleure compréhension mutuelle sur des dossiers clés tels que le gaz naturel, l’hydrogène renouvelable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement des énergies propres.
Des perspectives élargies de coopération énergétique
Au-delà du gaz naturel, les discussions ont porté sur les perspectives de développement à moyen et long terme du partenariat énergétique. Les deux parties ont souligné que l’Algérie dispose de nombreux avantages concurrentiels, notamment ses importantes ressources naturelles et humaines ainsi que ses infrastructures énergétiques, lui permettant de créer un écosystème favorable aux technologies bas carbone.
Le communiqué insiste en particulier sur le potentiel algérien dans les filières de l’hydrogène renouvelable et des énergies renouvelables, appelées à renforcer la position de l’Algérie comme acteur majeur de la scène énergétique mondiale, et comme fournisseur régional incontournable d’électricité verte et d’hydrogène.
La coopération en matière de réduction des émissions fugitives de méthane a également occupé une place importante. Les deux parties ont convenu de renforcer leur coordination afin d’assurer une mise en œuvre harmonisée du règlement européen sur le méthane, de manière à préserver et optimiser l’accès du gaz algérien au marché européen, tout en générant des retombées positives en matière de lutte contre le changement climatique et d’augmentation des exportations.
Enfin, les perspectives de coopération incluent le développement des interconnexions électriques entre l’Algérie et l’Union européenne, ainsi que des projets structurants liés à l’hydrogène, à l’image du SoutH2 Corridor, destiné à relier l’Algérie à l’Europe. Autant de projets qui confirment la volonté partagée d’ancrer le partenariat énergétique algéro-européen dans une logique stratégique, durable et mutuellement bénéfique.
















