Hydrocarbures : Vu de Niamey, l’Algérie peut offrir mieux que la Chine

Hydrocarbures : Vu de Niamey, l’Algérie peut offrir mieux que la Chine
Le chef de l’Etat du Niger, le général Abdourahamane Tiani recevant Mohamed Arkab, ministre algérien de l’énergie le lundi 26 janvier 2026.

Depuis plus de dix ans que le Niger exploite son pétrole, aucun opérateur étranger n’a mis en place une filière de formation nationale. L’Algérie vient de rompre avec cette logique en proposant de former des milliers de Nigériens aux métiers des hydrocarbures, avant même le démarrage de l’exploitation.

Depuis 2011, le Niger produit et exporte du pétrole sans avoir constitué de vivier national de compétences dans ce secteur. Les opérateurs chinois, premiers à s’implanter, n’ont pas intégré de volet formation dans leurs contrats. Le pays dispose pourtant de réserves estimées à plus d’un milliard de barils et exporte son brut depuis 2023 via un pipeline transfrontalier vers les marchés internationaux.

C’est ce vide que l’offre algérienne entend combler, dans le cadre de la relance du partenariat pétrolier autour du bloc de Kafra. Sur le plateau de Niger Infos, le journaliste Seidik Abba a rappelé les termes de cet engagement : « Les Chinois, comme ils font souvent, n’ont pas fait de transfert de technologie. Ils sont venus eux-mêmes exploiter les ressources nigériennes, mais ils n’ont pas eu d’agenda pour former des Nigériens au métier du pétrole. »

Alger mise sur la formation, là où Pékin a misé sur l’extraction

L’Algérie propose de former des milliers de Nigériens : ingénieurs, mais aussi techniciens intermédiaires, électriciens, soudeurs et plombiers. Cette formation est prévue avant même le démarrage des opérations d’exploitation. « Il y a une offre algérienne qui est relativement inédite pour le Niger », a souligné Seidik Abba, précisant que le package associe formation et exploitation dans un même cadre contractuel.

Pour Niamey, l’enjeu est de constituer une capacité nationale dans un secteur où la main-d’œuvre qualifiée fait défaut depuis plus de dix ans. C’est précisément ce que le ministre Arkab avait mis en avant lors de sa visite à Niamey en janvier 2026, insistant sur le transfert d’expertise et la formation des compétences nigériennes.

Un rapprochement diplomatique qui ouvre le terrain

Cette coopération s’inscrit dans le dégel entre Alger et Niamey, où l’énergie est devenue le principal levier de normalisation après plusieurs mois de crise. L’Algérie, qui partage 951 kilomètres de frontière avec le Niger, a maintenu un dialogue continu avec les nouvelles autorités nigériennes, là où d’autres partenaires ont suspendu leurs relations.

Les présidents Tebboune et Tiani ont acté lors d’une rencontre à Alger le lancement du gazoduc transsaharien et la reprise d’une coopération énergétique dense, couvrant l’exploration, le raffinage, la pétrochimie et désormais la formation.

Investir plutôt qu’effacer : la leçon d’une décennie perdue

Cette approche par la formation et le co-investissement tranche avec les choix passés. En 2013, l’Algérie avait annulé 902 millions de dollars de dettes détenues sur quatorze pays membres de l’Union africaine. À l’époque, des économistes algériens avaient contesté cette décision, estimant que ces ressources auraient pu être reconverties en investissements productifs sur le continent.

L’économiste Mourad Goumiri avait alors rappelé qu’ « entre États, les relations se construisent sur des intérêts et non sur des sentiments ». Le package proposé aujourd’hui au Niger, associant formation, exploration et raffinage, s’inscrit dans cette logique d’un partenariat fondé sur des intérêts économiques mutuels et des projets industriels concrets.

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