L’Afrique franchit une nouvelle étape décisive dans son intégration économique. Ce mardi à Lagos, le gouvernement du Nigeria a officiellement signé l’accord d’accueil pour la cinquième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2027). Cette signature positionne désormais le géant nigérian comme le pivot de la plateforme commerciale la plus ambitieuse du continent.
Prévu du 5 au 11 novembre 2027, l’événement vise un objectif historique : franchir la barre des 50 milliards de dollars en accords de commerce et d’investissement. L’enjeu est de taille. Le Nigeria prend le relais de l’Algérie, qui avait accueilli l’édition précédente en 2025. Lors de ce rendez-vous à Alger, un montant record de 49,94 milliards de dollars avait été atteint. Pour 2027, les organisateurs la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf affichent une ambition claire de croissance.
ZLECAf : 100 000 visiteurs attendus pour accélérer le « marché unique africain »
L’IATF 2027 ne sera pas qu’un simple salon. C’est un instrument opérationnel pour la Zone de libre-échange continentale africaine. Les chiffres projetés pour Lagos donnent le tournis : 100 000 visiteurs, 2 500 exposants et des délégations provenant de plus de 100 pays.
L’ancien président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, aujourd’hui président du Conseil consultatif de l’IATF 2027, souligne l’importance de ce choix géographique. « La signature de cet accord d’accueil marque une étape historique pour le Nigéria et pour le continent », a-t-il déclaré. Il rappelle que Lagos a une vocation historique : « Cette ville a accueilli le Plan d’action de Lagos adopté en 1980, qui a promu l’industrialisation et l’autosuffisance économique de l’Afrique. »
Afreximbank : « Créer des chaînes de valeur et de la prospérité »
Depuis son lancement en 2018, l’IATF a prouvé sa force. En quatre éditions, la plateforme a généré un total cumulé de 167 milliards de dollars de transactions. Elle a attiré 180 000 visiteurs de 132 pays, confirmant l’émergence d’un marché intérieur africain dynamique.
George Elombi, président du conseil d’administration d’Afreximbank, compte sur le potentiel nigérian pour transformer l’essai. « Le dynamisme entrepreneurial du Nigéria nous donne l’assurance que l’IATF2027 à Lagos sera un événement remarquable qui renforcera le commerce et l’investissement sur tout le continent », affirme-t-il. Pour lui, l’objectif dépasse les chiffres : « Cette foire commerciale vise à construire un marché unique panafricain fort. (…) Cette plateforme doit être utilisée pour construire des chaînes de valeur, créer des emplois et générer de la prospérité pour notre population. »
« Un moment décisif » pour repositionner l’Afrique dans le commerce mondial
Le commerce intra-africain reste encore trop faible par rapport aux échanges avec le reste du monde. L‘IATF veut renverser cette vapeur. Francisca Tatchoup Belobe, commissaire de l’UA, voit en cette cinquième édition un moteur de changement structurel.
« Lors du lancement de l’IATF en 2018, il s’agissait d’une expérience audacieuse en matière de connectivité », rappelle-t-elle. Elle insiste sur la nécessité de passer à la vitesse supérieure : « Nous devons veiller à ce qu’elle dynamise le commerce intra-africain et aide l’Afrique à se repositionner dans le paysage commercial mondial. (…) Faisons de l’IATF 2027 un moment décisif qui insufflera un nouvel élan aux investissements. »
Avec le Nigeria comme hôte, le continent mise sur son marché le plus peuplé pour redéfinir sa géographie commerciale. L’idée est simple : faire en sorte que les innovateurs et fabricants africains commercent enfin davantage entre eux.
















