La loi de finances 2026 fixe un objectif de recettes minières nettement supérieur aux années précédentes. Cette ambition repose sur une révision généralisée de la fiscalité du secteur extractif, jugée obsolète face aux marges croissantes des opérateurs.
Près de 170 milliards de dinars. C’est ce que le gouvernement espère tirer du secteur minier en 2026, selon les prévisions inscrites dans la loi de finances. Une hausse qui s’explique par une refonte des redevances, taxes et contributions applicables à l’exploitation minière.
Le raisonnement qui sous-tend cette réforme est simple : le potentiel minier algérien reste largement sous-exploité, et la fiscalité n’a pas suivi l’évolution du marché. Certains taux n’avaient pas été actualisés depuis plusieurs années, ce qui permettait aux opérateurs de capter une part importante de la valeur créée, sans contrepartie suffisante pour l’État.
La hausse touche principalement les redevances d’exploitation, les droits d’enregistrement et certaines contributions proportionnelles au volume extrait. Les autorités estiment que cette mise à niveau était devenue nécessaire, surtout dans un contexte où les cours internationaux des minerais restent soutenus.
Sécuriser les recettes, structurer la filière
Au-delà de l’objectif budgétaire, la réforme vise aussi à réorganiser un secteur encore en transition. La montée en puissance de l’Agence du service géologique, la traçabilité des flux, la valorisation locale et l’attractivité du domaine minier figurent parmi les priorités affichées.
Plusieurs projets dans l’or, le fer, le phosphate ou les terres rares sont actuellement en phase de relance ou d’exploration avancée. Les pouvoirs publics misent sur un effet d’entraînement : davantage de recettes, une régulation renforcée et un cadre plus clair pour attirer de nouveaux investisseurs.
Mais cette hausse de la fiscalité suscite aussi des inquiétudes. Certains opérateurs craignent une augmentation du coût d’exploitation et un impact sur la rentabilité des projets en cours. Le gouvernement répond que la réforme vise avant tout à harmoniser la fiscalité et à sécuriser les recettes, sans freiner la dynamique d’investissement.
















