Importations : +24% au premier trimestre 2025, un revers pour la substitution

Conteneurs d'importation dans un port, illustrant la hausse de 24% des importations algériennes au premier trimestre 2025.
Malgré les promesses de réduction, les importations algériennes explosent de 24% au T1 2025 selon l'ONS.

Malgré les promesses de réduction des importations portées par le ministre du Commerce Kamel Rezig, l’Algérie enregistre une hausse record de 24% de sa facture d’importations au premier trimestre 2025, selon l’ONS.

La nouvelle administration économique, menée par le ministre du du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, s’était engagée à réduire la dépendance aux importations du pays. Pourtant, les chiffres officiels de l’Office National des Statistiques (ONS) pour le premier trimestre 2025 dressent un constat inverse : la facture des importations explose littéralement.

« La forte accélération des importations au premier trimestre 2025 (+24,0 %) résulte essentiellement de la hausse des importations de biens (+26,3 %). À titre de comparaison, ces dernières avaient progressé de 14,0 % un an plus tôt », précise le rapport de l’ONS. Cette progression représente pratiquement un doublement du rythme de croissance des importations par rapport à l’année précédente.

Les importations de biens constituent le principal moteur de cette envolée avec une augmentation de 26,3% sur un an, contre 14% au premier trimestre 2024. Les importations de services, bien qu’en hausse de 5%, restent relativement contenues par rapport au secteur des biens. Cette disproportion s’explique par la nature même des besoins : équipements industriels, matières premières et produits de consommation représentent des volumes financiers bien supérieurs aux services techniques ou de transport.

Une demande intérieure en forte reprise

Cette explosion des importations trouve sa source dans la dynamique économique interne. La demande intérieure a progressé de 10,4% sur un an, portée par une consommation des ménages et un investissement en forte croissance. La formation brute de capital fixe (FBCF) a bondi de 13,9% en volume, générant mécaniquement un besoin accru en équipements et intrants importés.

L’ensemble des secteurs économiques a contribué à cette tendance haussière. L’industrie, le commerce et les transports ont tous affiché des besoins croissants en produits importés, traduisant une reprise d’activité généralisée mais également une dépendance structurelle aux approvisionnements extérieurs.

Cette situation contraste avec les orientations gouvernementales affichées depuis l’arrivée de Tayeb Rezig au ministère du Commerce. Le ministre avait multiplié les déclarations sur la nécessité de substituer les importations par la production locale et de réduire la facture d’importations. Force est de constater que les premiers résultats statistiques disponibles montrent une évolution diamétralement opposée.

Un déficit commercial qui se creuse

Parallèlement à cette hausse des importations, les exportations algériennes ont reculé de 3,8% au premier trimestre 2025. Cette double évolution – hausse des importations et baisse des exportations – aggrave mécaniquement le déséquilibre de la balance commerciale du pays.

Les conséquences sur les finances extérieures sont immédiates. Les réserves de change subissent une pression accrue, alimentée par cette sortie massive de devises pour financer les importations. Dans un contexte où les recettes d’exportation, principalement pétrolières, diminuent, cette évolution fragilise la position financière extérieure de l’Algérie.

Ainsi, l’écart entre les objectifs affichés et la réalité statistique pose des questions sur l’efficacité des mesures mises en place. Les restrictions administratives et les tentatives de limitation des licences d’importation n’ont visiblement pas eu l’effet escompté sur les volumes importés. Au contraire, la reprise économique a généré une demande que l’appareil productif local ne parvient pas à satisfaire.

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