L’industrie du plastique s’impose désormais comme un levier de la transformation industrielle en Algérie. Lors d’un atelier stratégique co-organisé lundi, par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), de nouveaux chiffres clés ont été révélés. Ce secteur dynamique attire massivement les capitaux nationaux et étrangers pour soutenir la croissance hors hydrocarbures.
Un investissement colossal de 138 milliards de dinars
Omar Rekkache, Directeur général de l’AAPI, a présenté un bilan exhaustif de la filière. Entre février 2022 et février 2026, l’agence a enregistré précisément 675 projets d’investissement dans le domaine du plastique. La valeur globale déclarée de ces opérations dépasse les 138,7 milliards de dinars, témoignant d’une solidité financière croissante.
La structure de ces investissements montre une volonté de renforcer le tissu industriel sur plusieurs fronts. Le bilan comptabilise ainsi 383 nouveaux projets de création d’unités de production et 292 projets d’extension de capacités déjà existantes. Par ailleurs, l’ouverture internationale se concrétise par 6 investissements directs étrangers (IDE) ainsi que 18 projets menés en partenariat avec des opérateurs locaux. Grâce à cette dynamique, le secteur prévoit la création de 15 150 emplois directs, renforçant l’impact social de la transformation du plastique.
L’évolution annuelle des enregistrements confirme l’accélération fulgurante du secteur. En 2023, l’agence recensait 169 projets, contre 206 en 2024 et 239 en 2025. Cette progression constante reflète l’intérêt croissant des investisseurs. Par ailleurs, la phase de concrétisation avance à un rythme soutenu sur le terrain. Actuellement, 51 projets sont déjà entrés en phase d’exploitation réelle. De plus, 242 autres dossiers ont atteint un stade de réalisation avancé, ce qui garantit une mise en service prochaine. Cette transition rapide démontre que la filière dépasse le simple stade des intentions pour entrer dans une phase de production effective.
Réduire la facture d’importation du plastique
L’enjeu principal de cette stratégie demeure la souveraineté économique nationale. En 2025, la facture d’importation des matières premières et des produits en plastique a atteint 2,98 milliards de dollars, contre 2,79 milliards l’année précédente. Face à ce constat, M. Rekkache insiste sur l’urgence de substituer la production locale aux importations massives.
L’objectif consiste à augmenter le taux d’intégration nationale pour stabiliser la balance commerciale. Pour sa part, Kamel Moula, président du CREA, soutient que le plastique constitue une base structurelle pour de nombreux secteurs vitaux. Selon lui, les entreprises algériennes possèdent désormais l’expertise technique nécessaire pour couvrir les besoins locaux et viser les marchés internationaux.
















