Le paysage des infrastructures de transport en Algérie connaît une transformation sans précédent. Selon les dernières données de l’Agence Nationale des Autoroutes (ANA) citée par l’ingénieur Faouzi Djoudi, le projet de modernisation du réseau progresse à un rythme soutenu. Aujourd’hui, le pays affiche une connectivité renforcée entre les principales villes et l’Autoroute Est-Ouest (AEO) grâce au déploiement stratégique des pénétrantes.
Actuellement, huit pénétrantes clés ont atteint un taux d’avancement de 100 %. Ces infrastructures terminées fluidifient désormais le transit des marchandises et des voyageurs à travers plusieurs wilayas clés. Dans la zone Centre, quatre projets phares sont totalement achevés. La liaison du port d’Alger par Oued Ouchayah et celle de Tipaza vers Cherchell sont terminées. De même, la pénétrante de Bouira au niveau de Sour El Ghozlane et celle de Médéa, intégrée à l’autoroute Nord-Sud, sont pleinement fonctionnelles.
À l’Ouest, les secteurs de Mostaganem et de Sidi Bel Abbès affichent également un taux de réussite complet. Enfin, à l’Est, la liaison entre Bordj Bou Arreridj et M’sila ainsi que le premier lot de la pénétrante de Batna sont officiellement opérationnels. Un sprint final pour les projets à plus de 90 % L’effort de construction ne faiblit pas sur le reste du territoire national. Les indicateurs de l’ANA révèlent que trois autres pénétrantes sont sur le point d’être totalement livrées aux usagers de la route. Leur taux d’avancement dépasse désormais les 90 %, ce qui marque la fin imminente des grands chantiers de génie civil. La pénétrante d’Oran, reliant directement le port à l’AEO sur 26 km, affiche un taux record de 98 %. Sa mise en service totale est imminente.
À l’extrême Est du pays, la liaison d’El Tarf atteint 95 % et entre désormais dans sa phase de signalisation finale. Quant à la pénétrante de Béjaïa au niveau d’Ahnif, malgré un relief montagneux particulièrement complexe, elle culmine à 92 %. Elle reste pour l’instant partiellement ouverte à la circulation afin de soulager le trafic local très dense.
Déploiement progressif sur 12 chantiers
Pour les 12 pénétrantes restantes du programme national, les taux d’avancement oscillent entre 0 % et 89 %. Ces variations importantes s’expliquent souvent par des défis géologiques majeurs ou des procédures complexes de libération d’emprises de terrains. À l’Est, la pénétrante de Skikda atteint 80 % et bénéficie d’une relance prévue courant 2026. À Jijel, les travaux vers El Eulma affichent 58 % à cause du percement difficile des tunnels.
Dans la zone Centre, la liaison de Tizi Ouzou progresse à 65 % malgré des ouvrages d’art très complexes. De son côté, la liaison de Mascara au niveau de Sig culmine à 75 % avec le lancement du second lot de travaux. D’autres projets, comme celui de Guelma avec 15 % ou de Ténès à Chlef avec 35 %, font face à des difficultés de terrain particulières. Cependant, la relance des contrats et les nouvelles études, notamment pour les wilayas de Tébessa, Relizane ou Aïn Témouchent, démontrent une volonté politique de parachever ce maillage national indispensable.
Un levier majeur pour l’économie nationale
L’objectif de cette extension du réseau routier est limpide. L’État veut relier chaque port et chaque pôle industriel à la colonne vertébrale du pays que représente l’AEO. En facilitant l’accès aux infrastructures maritimes, l’Algérie réduit drastiquement ses coûts logistiques globaux. Ces pénétrantes ne sont donc pas de simples routes, mais de véritables artères économiques vitales. Le réseau autoroutier devient ainsi le moteur d’une nouvelle dynamique de croissance pour les régions de l’intérieur. Cette modernisation se poursuit, consolidant ainsi la place de l’Algérie comme un carrefour logistique régional.
















