L’Algérie traverse une période climatique particulièrement éprouvante. Depuis deux semaines, des vagues successives d’intempéries balaient le pays, laissant derrière elles un sillage de désolation. Si les pluies étaient initialement attendues, leur intensité a rapidement provoqué une crise. Aujourd’hui, le secteur de l’agriculture subit les lourdes conséquences de ces aléas, faisant face à des dégâts matériels et financiers considérables.
Les inondations et la saturation des sols ont d’abord paralysé les exploitations du nord. Cependant, ce sont les rafales de vent d’une violence inouïe qui ont porté le coup de grâce à de nombreuses infrastructures. Le secteur avicole figure parmi les premières victimes. Dans plusieurs wilayas, notamment à Médéa, Bouira, Tipaza, Béjaïa, Bordj Bou Arreridj, Skikda et Sétif, le paysage est apocalyptique.
Des poulaillers entiers, construits sous forme de serres en nylon, se sont littéralement effondrés ou ont été déchirés par les vents. Norredine Laâli, membre de la Fédération nationale des aviculteurs, a partagé des images poignantes sur les réseaux sociaux. Ces clichés montrent des bâches en nylon en lambeaux et des pertes massives de poussins. Pour ces professionnels, c’est l’investissement de toute une saison qui disparaît en quelques minutes seulement sous l’effet des rafales.
Le Sud n’est pas épargné : Les serres à plats
Par ailleurs, la tempête n’a pas épargné les régions productrices du Sud. À El Oued et Biskra, véritables poumons maraîchers du pays, les vents violents ont dévasté les cultures. Ce désastre est d’autant plus inquiétant que ces deux régions fournissent, en période hivernale, l’essentiel des légumes consommés par les Algériens. Les plantations de tomates, pilier de l’alimentation nationale, ont subi des dommages irréversibles.
Dans ces localités, des fermes complètes sont désormais « à plats ». Les couvertures en nylon et les arceaux n’ont pas résisté à la pression atmosphérique extrême. Les observateurs locaux estiment les pertes à plusieurs milliards de centimes. Cette situation place les agriculteurs dans une précarité totale, alors qu’ils s’apprêtaient à approvisionner les étals du pays pour le mois sacré.
Menaces sur les prix et le marché du Ramadhan
Ces catastrophes climatiques tombent au pire moment du calendrier. En effet, le début du mois de Ramadhan est prévu aux alentours du 19 de ce mois. Traditionnellement, cette période connaît une forte hausse de la consommation de produits frais. Or, la destruction des serres et la perte de cheptel avicole vont mécaniquement réduire l’offre globale sur le marché.
Les experts craignent désormais une flambée des prix de la tomate et du poulet dans les prochains jours. Si la production ne redémarre pas immédiatement, l’équilibre entre l’offre et la demande sera rompu. Cette éventuelle baisse de l’offre risque de peser lourdement sur le budget des ménages algériens lors des ruptures de jeûne.
Malheureusement, l’accalmie n’est pas encore d’actualité. Selon les dernières prévisions météorologiques, les perturbations devraient se poursuivre durant les jours à venir. Les professionnels de l’agriculture restent sur le qui-vive, craignant de nouveaux épisodes de grêle ou de vent. L’heure est désormais au recensement officiel des dégâts pour envisager des mesures de soutien d’urgence.
















