Iran : la Chine prête à rendre la pareille aux droits de douane de 25 % imposés par Trump

Iran : la Chine prête à rendre la pareille aux droits de douane de 25 % imposés par Trump

La Chine a réagi fermement à l’annonce de Donald Trump d’imposer un droit de douane de 25 % aux pays continuant de commercer avec l’Iran, affirmant qu’elle défendra résolument ses droits et ses intérêts légitimes.

Trump a déclaré sur Truth Social que « tout pays qui fait des affaires avec la République islamique d’Iran devra payer un droit de douane de 25 % sur toutes les transactions qu’il effectue avec les États-Unis », précisant que « cet ordre est définitif et irrévocable ». Cette annonce marque une escalade notable : jusqu’ici, les sanctions secondaires visaient surtout les entreprises utilisant le dollar. Washington cible désormais directement les États entretenant des relations commerciales avec Téhéran.

La réaction de la Chine, principal partenaire économique de l’Iran et premier acheteur de son pétrole, était particulièrement attendue. En 2024, 77 % des exportations pétrolières iraniennes ont été destinées au marché chinois, illustrant l’ampleur des liens énergétiques et commerciaux entre Pékin et Téhéran.

Une opposition chinoise ferme et stratégique

La porte‑parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a rappelé que « les guerres tarifaires n’ont pas de gagnants » et assuré que la Chine « protégera fermement ses droits et intérêts légitimes ».

Un porte‑parole de l’ambassade de Chine à Washington a renchéri, estimant que « la contrainte et la pression ne résolvent pas les problèmes » et réaffirmant l’opposition de Pékin à « toute sanction unilatérale illégale et à toute juridiction extraterritoriale ».

Les analystes jugent qu’une application stricte de ces taxes serait difficile face au poids économique et à l’influence diplomatique de la Chine. L’initiative pourrait aussi fragiliser la trêve commerciale entre Washington et Pékin, alors que la Chine demeure le premier partenaire de l’Iran avec 32,4 milliards de dollars d’échanges, soit 26 % du commerce extérieur iranien.

Cette offensive intervient alors que la Cour suprême américaine doit se prononcer sur la légalité des droits de douane mondiaux imposés par l’administration Trump.

Des partenaires régionaux fortement exposés

Au‑delà de la Chine, plusieurs partenaires de l’Iran suivent la situation avec prudence.
Les Émirats arabes unis figurent parmi les plus exposés : premier partenaire commercial arabe de l’Iran et deuxième au niveau mondial, ils ont atteint 28,2 milliards de dollars d’échanges en 2024, soit 22,6 % du commerce extérieur iranien. La forte part de réexportations rend toutefois l’impact dépendant des modalités d’application des taxes américaines.

Le ministre d’État émirati au Commerce extérieur, Thani Al Zeyoudi, a adopté une posture prudente, soulignant que « les détails de l’annonce ne sont pas clairs » et que les autorités doivent encore évaluer « la manière dont ces mesures pourraient être appliquées et leur impact potentiel sur l’approvisionnement et les prix à la consommation ».

L’Irak, voisin immédiat et partenaire historique de l’Iran, occupe le quatrième rang mondial avec 12,3 milliards de dollars d’échanges, soit 9,9 % du commerce extérieur iranien. Sa relation avec Téhéran est largement structurée autour de l’énergie : l’Irak dépend de l’Iran pour environ 40 % de ses besoins en gaz et en électricité.

Déjà soumis à des droits de douane américains de 35 %, Bagdad devrait être relativement épargné par les nouvelles mesures, ses exportations vers les États‑Unis étant limitées et en partie couvertes par des exemptions liées à la sécurité énergétique mondiale.

Les relations énergétiques restent toutefois fragiles : les approvisionnements iraniens en gaz ont récemment cessé en raison des besoins internes de Téhéran et de différends financiers, selon le ministère irakien de l’Électricité.

Plus discret mais stratégique, le sultanat d’Oman demeure un partenaire clé de l’Iran. Les échanges bilatéraux sont estimés à 2,3 milliards de dollars, soit 1,9 % du commerce extérieur iranien, avec une progression de plus de 50 % en 2024, selon le ministre omanais du Commerce, Qais ben Mohammed al‑Youssef.

Un réseau commercial sous pression

L’annonce de Donald Trump met en lumière la capacité de la Chine à s’opposer frontalement aux pressions américaines, tout en révélant la diversité des réactions internationales, entre prudence, calcul stratégique et critiques mesurées.

Si l’application concrète des nouvelles taxes demeure incertaine, l’initiative américaine accentue les tensions commerciales et recompose les équilibres autour de l’Iran.

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