Américains et Iraniens ont accepté vendredi à Mascate de poursuivre le dialogue sur le nucléaire, sans fixer de date ni d’engagement concret. Pour les marchés pétroliers, la question est de savoir si ce simple accord de principe suffit à faire baisser la pression sur les prix.
Les délégations américaine et iranienne ont renoué le contact vendredi dans la capitale omanaise, après plus d’un an de rupture totale depuis les frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes en 2024. Le résultat de cette journée de discussions indirectes tient en une phrase : les deux parties ont convenu de continuer à se parler, sans dire quand.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié ces échanges de « bon début positif ». Son homologue omanais, Badr al-Busaidi, qui a fait la navette entre les deux délégations, les a décrits comme « très sérieux ». Les deux camps se sont mis d’accord pour poursuivre les discussions, mais « le calendrier et la date seront déterminés plus tard », selon Araghchi.
Du côté américain, la délégation conduite par Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président, et Jared Kushner, n’a fait aucune déclaration publique. Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que les discussions avaient porté uniquement sur le dossier nucléaire.
Le détroit d’Ormuz en ligne de mire
Pour les marchés pétroliers, cette reprise de contact pose une question concrète : faut-il retirer la prime de risque intégrée dans les cours du pétrole ? Le détroit d’Ormuz, par où passe environ un cinquième du pétrole mondial, reste au cœur des préoccupations. En cas de conflit, l’Iran pourrait tenter de bloquer ce passage stratégique de 39 kilomètres de large, ce qui ferait grimper immédiatement les prix à la pompe.
Le problème est que l’avancée diplomatique reste très limitée. Aucun calendrier n’a été fixé, aucun engagement concret n’a été pris au-delà de l’intention de se reparler. Le porte-parole du ministère iranien a indiqué que la date du prochain round sera déterminée après consultations entre les deux gouvernements.
Un contexte régional toujours explosif
La situation régionale reste par ailleurs très tendue. Washington a renforcé sa présence militaire au Moyen-Orient, tandis qu’Israël multiplie les menaces de frappes contre les installations nucléaires iraniennes. Téhéran dénonce une volonté de changement de régime et promet de riposter à toute attaque.
Les marchés doivent donc choisir entre deux scénarios : soit ces discussions marquent le début d’une désescalade, ce qui justifierait une baisse de la pression sur les cours du pétrole, soit il ne s’agit que d’une pause dans un bras de fer qui reste entier. L’absence de date pour un prochain round plaide plutôt pour la prudence.
















